LA CRÉATION TOUT ENTIÈRE ATTEND
Mc 16, 1-20
Vigiles du dix-huitième dimanche du temps ordinaire – B
(1er août 1982)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL
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rères et sœurs, je ne veux pas vous faire une homélie, mais vous donner seulement une piste de réflexion, à partir de cet évangile. Vous l'avez entendu, les paroles du Christ à ses disciples : "Annoncez la bonne nouvelle à toute la création." La bonne nouvelle, l'évangile, la Résurrection du Christ, la vie, la vie plus forte que la mort, ce n'est pas seulement une bonne nouvelle pour les hommes, pour les chrétiens, pour les croyants. Même pas seulement une bonne nouvelle pour l'ensemble de l'humanité. C'est une bonne nouvelle pour la création tout entière. C'est toute la création qui est intéressée par cette Résurrection du Christ. Saint Paul nous dit : "La création tout entière attend, dans les douleurs de l'enfantement, et elle tressaille dans l'attente de la Résurrection des Fils de Dieu."
C'est l'univers tout entier, cet univers matériel qui nous entoure, cet univers de pierres, de plantes, d'animaux, cet univers d'étoiles, cet univers infini et minuscule qui, tout entier, doit être transfiguré. C'est également l'univers invisible, celui des anges, des anges innombrables qui attend, lui aussi, cette transfiguration des Fils de Dieu pour que toute chose soit accomplie, comme dans le corps ressuscité du Christ Jésus, en tous, en chacun d'entre nous. Et toutes les parcelles de cet univers, même les plus humbles, même les plus modestes, doivent reprendre vie, être transfigurées, en devenant membres du corps du Christ Jésus ressuscité. Il faut que cette bonne nouvelle s'étende jusqu'aux limites de l'univers et que toute chose soit ainsi transformée.
Vous me direz : ceci n'a pas grand-chose à voir avec notre vie quotidienne, je n'en suis pas sûr. Car, dans notre vie quotidienne, ne sommes-nous pas constamment aux prises avec ces réalités matérielles, ces réalités humbles auxquelles nous nous affrontons ou dont nous nous servons, ou que nous usons, ou que nous maltraitons, ou que nous détruisons. Pourtant, tout cet univers, même dans ses parties les plus modestes, les plus infimes, tout est appelé à la résurrection. Et si nous sommes des chrétiens, nous devons être des apôtres de la résurrection, des témoins et des agents de la résurrection. C'est donc, dans le moindre de nos actes, le plus matériel, le plus humble que nous devons être porteurs de cette transfiguration, de ce respect immense pour ce qui est parcelle, membre, cellule du corps du Christ ressuscité.
Que la résurrection du Christ imprègne ainsi toute notre vie, même dans ses moindres détails et pas seulement dans ce que nous croyons être le plus important et que nous nous imaginons, parce que c'est spirituel être la seule chose qui compte. Pour un chrétien, tout compte, même les choses les plus humbles, même les choses les plus matérielles. Nous ne sommes pas seulement les hommes de l'Esprit. Nous sommes les hommes de l'être tout entier, de l'univers tout entier, de la création tout entière.
AMEN