LE BONHEUR D'ETRE TÉMOIN
1 P 4,7-13 ; Mc 9, 2-13
(4 juin 1980)
Homélie du Frère Michel MORIN

Présider l'eucharistie
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'ai deux joies à partager avec vous ce matin : la première c'est celle d'être revenu, après huit jours de retraite, de solitude, non pas sur la montagne mais cependant à l'écart, pour essayer de rencontrer le Christ seul, dans sa transfiguration permanente pour nous. Et la deuxième, c'est aujourd'hui pour moi, le premier anniversaire de mon ordination sacerdotale, au moins chronologiquement, puisque liturgiquement c'était le jour de Pentecôte.
Il est heureux d'ailleurs que les deux textes de l'Écriture, aujourd'hui, résument ce qu'est le ministère du prêtre, à travers l'expérience de Pierre. D'abord, vous l'avez vu, Pierre ressent un bonheur profond, une joie profonde d'être témoin de la Transfiguration du Seigneur. Et dans son cœur un peu fougueux, il voudrait demeurer longtemps dans ce bonheur et le protéger par une tente, pour habiter en sécurité avec son Seigneur. Et il entend cette recommandation : "Ne parlez à personne de ce que vous avez vu, sauf quand je serai ressuscité d'entre les morts". Et nous l'avons entendu dans la première lecture, à ce moment-là, il ira témoigner jusqu'à Rome de ce qu'il a vu. Il dira : si quelqu'un parle, que ce soit comme des paroles de Dieu, si quelqu'un assure un service que ce soit comme un mandat venu de Dieu, afin qu'en nous Dieu soit glorifié en Jésus-Christ de cette gloire de Jésus-Christ dont, justement il avait été témoin au jour de la Transfiguration.
Pour moi, et je ne suis probablement pas le seul, le fait d'être prêtre est ce bonheur profond d'être témoin de la transfiguration du Seigneur et en même temps d'être attaché au labour de répandre ce bonheur par la parole, par l'exemple, par les sacrements, ce bonheur que nous pouvons ressentir personnellement mais que nous ne devons pas garder personnellement, car, désormais le Christ est ressuscité et nous devons en parler. Pour illustrer cela, je vais vous lire quelques passages du discours que Jean Paul II a prononcé pour les prêtres, vendredi soir, dans la cathédrale de Paris. Je crois qu'il est bon qu'ensemble, en Église, nous puissions réfléchir, que vous puissiez savoir ce qu'il demande aux prêtres.
"Pour marcher avec foi et espérance dans notre vie sacerdotale, il nous faut remonter aux sources. Ce n'est pas le monde qui fixe notre rôle ou notre statut ou notre identité. C'est le Christ Jésus, c'est l'Église. C'est le Christ Jésus qui nous a choisis comme ses amis pour que nous portions du fruit, qui a fait de nous ses ministres et nous participons à la charge de l'unique médiateur qu'est le Christ. Je vous le dis : soyez heureux et fiers d'être prêtres. Tous les baptisés forment un peuple sacerdotal, c'est-à-dire qu'ils ont à offrir à Dieu le sacrifice spirituel de toute leur vie, animée d'une foi aimante en l'unissant au sacrifice unique du Christ. Heureux, le Concile nous l'a rappelé et précisément pour cela, nous avons reçu un sacerdoce ministériel pour rendre les laïcs conscients de leur sacerdoce et leur permettre de l'exercer. Nous avons été configurés au Christ - prêtre pour être capables d'agir au nom du Christ - tête, en personne. Nous avons été pris d'entre les hommes et nous demeurons nous-mêmes de pauvres serviteurs, mais notre mission de prêtres de Nouveau Testament est sublime et indispensable. C'est celle du Christ unique médiateur et sacrificateur, à tel point qu'elle appelle une consécration totale de notre vie et de notre être." - "Ne perdez jamais de vue ce à quoi vous êtes ordonnés : faire avancer les hommes dans la vie divine. Le Concile Vatican II vous demande à la fois, de ne pas rester étrangers à la vie des hommes et d'être témoins et dispensateurs d'une autre vie que la vie terrestre."
Et pour terminer, j'aimerais vous dire que, si Pierre est passés de ce bonheur seul avec le Christ, au labeur pastoral, nous autres et moi-même je le sens parfois très fort, nous passons du bonheur pastoral que nous avons à travailler avec vous dans les rencontres, la vie quotidienne, dans les rendez-vous et dans tout ce que nous vivons ensemble, nous passons souvent de ce labeur de la vie pastorale vers le bonheur de contempler Jésus qui, petit à petit, transfigure notre monde à travers votre cœur.
AMEN