S'APPROCHER DE DIEU ?
Jb 9, 1-11
(23 août 2000)
Homélie du Frère Jean-François NOEL
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ob continue d'explorer cette distance qui sépare l'homme et Dieu. Il la laisse intacte, il ne la comble pas. Il est toujours difficile, voire vertigineux pour nous d'envisager la différence et la disproportion qu'il y a entre Dieu et l'homme. Cette disproportion de fait peut susciter, et a suscité chez les anciens un effroi, une crainte religieuse que l'on trouve encore en exercice, dans une partie de l'Islam, tout l'islam ne se résume pas, mais c'est ce respect de la transcendance. La tentative pour définir cette transcendance, c'est l'inaccessibilité de la transcendance, et Job l'explore et l'interroge sans donner de réponse. De fait, si nous nous mesurions brutalement à cette transcendance divine, à sa majesté, si nous mesurions cette puissance de Dieu, comme le dit saint Jean Chrysostome, l'incompréhensibilité de Dieu, il est fort possible que nous nous sentions effrayés et bizarrement coupables. Un des premiers sentiments qui nous vient lorsque nous mesurons la pureté la lumière, c'est que nous ne sommes pas encore dans cette lumière, dans cette pureté. J'en prends pour exemple, ceux qui dans l'Église, les saints, ceux qui s'approchent de tout près de ce qui vient de Dieu, je pense à saint François d'Assise, qui effectivement, plus il s'approchait de son divin Maître, son Aimé, se trouvait indigne, et pleurait réellement le péché de ce qu'il était, l'inachèvement de l'homme qui se tournait vers Dieu.
L'homme ne peut pas se trouver justifié devant Dieu, ou du moins, il ne le peut pas par lui-même. Il ne peut attendre que de Dieu cette justification, que celui-là sans cesser d'être Dieu comble à sa manière la distance qui nous sépare de Lui. Nous savons que c'est le Christ qui est le chemin, c'est Lui qui parcourt, donne couleur et chair à cette distance qui nous sépare de Dieu, et néanmoins le Christ en lui-même renferme l'inaccessible divinité en cette proximité de chair que Dieu a voulu se donner pour nous rejoindre. Mais le chemin est à parcourir, ce n'est pas une sorte de rétrécissement et de Dieu et de l'homme et de la distance qui nous sépare, mais loin d'être vide, ce chemin est à prendre par l'homme et il s'appelle Jésus-Christ. Cela ne nous empêche pas de continuer à explorer cette distance, et dans le Christ lui-même nous pouvons encore éprouver de l'effroi et de la culpabilité vis-à-vis de Dieu.
Nous aurions parfois intérêt à défamiliariser notre rapport au Christ que nous avons trop ramené de notre côté, en oubliant qu'il était l'envoyé, le Fils de Dieu.
Que ces interrogations de Job nous aident à prendre la vraie mesure de ce qu'est Dieu et de ce qu'Il a fait pour nous à travers son Fils et que nous retrouvions ce salut qu'Il écrit sans arrêt en nous envoyant ce qu'Il avait de plus cher : son Fils.
AMEN