LES ANNONCES DE MALACHIE
Ma 3, 1-4
(19 juillet 2008)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL
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rères et sœurs, depuis quelques jours, nous lisons des passages du prophète Malachie que probablement, très peu d'entre nous avons lu. C'est un des petits prophètes, c'est-à-dire non pas des prophètes moins importants que les autres, mais des prophètes dont les écrits sont moins longs. Malachie est le dernier des petits prophètes et son livre est le dernier de l'Ancien Testament, il a parlé au nom de Dieu, seulement quelques siècles avant la venue du Christ.
Nous n'avons pas l'ensemble de la prédication de ce prophète mais dans les quelques versets que nous possédons, car son livre est très court, il y a plusieurs problèmes très proches du Nouveau Testament, qui se font jour. Nous venons d'entendre une prophétie qui est lue fréquemment dans la liturgie chrétienne, parce qu'elle est l'annonce de la venue de Jean-Baptiste et même de la venue en personne de Dieu sur la terre. Dieu y proclame qu'il va envoyer un précurseur, quelqu'un qui marchera devant lui et qui va préparer son chemin. La tradition chrétienne a reconnu Jean-Baptiste dans ce messager de Dieu.
Le Seigneur va entrer dans le sanctuaire et l'ange de l'Alliance qui ne signifie pas seulement ces créatures supérieures que nous appelons des anges, mais souvent une manifestation de Dieu lui-même. C'est l'annonce de la venue de Dieu qui fait alliance avec les hommes, celui qui annonce cette alliance et la proclame, il vient. Le Seigneur va venir pour purifier son peuple parce qu'il l'a souvent trahi et s'est détourné de lui.
C'est ce qui explique que le prophète Malachie dans un autre passage compare l'union de son peuple avec le Seigneur à un mariage et l'infidélité de son peuple, est comparée à un adultère, plus précisément encore, à une répudiation. Reprenant cette comparaison qui remonte au prophète Osée, Dieu va parler du mariage comme du reflet de l'alliance entre Dieu et son peuple. Le prophète passe directement des relations entre Dieu et son peuple aux relations entre les époux. De même que le peuple a trahi son Dieu, de même les époux se trahissent l'un l'autre, et ce faisant, ils contredisent la volonté même de Dieu. Le prophète fait appel aux paroles de la Genèse quand Dieu vient de tirer Ève du côté d'Adam, elle est la chair de la chair d'Adam. Préludant à ce qu'écrira saint Paul Malachie dit déjà que faisant un seul être qui a chair et souffle de vie, cela annonce cette communion profonde entre Dieu et son peuple, semblable à celle de deux époux.
C'est déjà l'écho de l'enseignement de Jésus : "Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas". En aucun cas, on ne peut répudier son épouse et en épouser une autre. Devant les trahisons du peuple à l'égard de Dieu, Malachie va dire que Dieu se détourne des sacrifices qui sont offerts dans le temple, de la prière de ses prêtres qui ne sont pas sincères et tournés vraiment vers lui. Ce qui est propre à Malachie, ce n'est pas la condamnation des sacrifices de l'Ancien Testament qui n'étaient pas sincères, mais l'annonce d'un sacrifice meilleur. Toute la tradition a reconnu déjà une annonce de l'eucharistie dans les écrits de Malachie. La trahison d'Israël est contredite par les nations païennes qui elles, recherchent Dieu. Le sacrifice présenté au nom du Seigneur est déjà une préfiguration de l'eucharistie présentée au Seigneur comme une offrande pure. Dans la troisième prière eucharistique, ces versets sont cités juste avant la consécration pour manifester que l'eucharistie est bien ce sacrifice annoncé par Malachie.
En quelques pages, Malachie annonce des choses très importantes, comme le sacrifice universel réalisé par Jésus, ce sacrifice pur qui est l'eucharistie, cette condamnation de la répudiation qui est l'image de l'infidélité de son peuple à l'égard de son Dieu, et enfin l'annonce de la venu d'un messager qui précède le Seigneur lui-même venant sur la terre pour visiter son peuple.
AMEN