LE CRI DE DIEU
Jl 4, 15-17 ; Mc 11, 11-25
(25 juin 2013)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

Tel un lion rugissant …
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rères et sœurs, la fin du livre de Joël est sans doute moins originale et moins frappante que tout ce que nous avons découvert. Nous étudions maintenant les derniers versets qui reprennent le thème du jour du Seigneur.
Je vous l'ai dit, le jour du Seigneur est le thème central de la prédication de Joël à partir de ce fait divers de l'invasion des criquets dans la région de Juda, puis ensuite une méditation sur l'irruption de la parole et du jugement de Dieu au cœur du peuple, et enfin cet ébranlement cosmique qui fait que le monde entier est comme frappé par la nouveauté de la venue de Dieu.
Ici, vers la fin du livre, c'est un petit résumé qui classicise la théologie du prophète. Au début, toute la vision du prophète était une vision presque profane, pas du tout sacerdotale, pas orientée vers des sacrifices au temple, et tout se passe comme si dans les derniers versets, le prophète avait un repentir et qu'il essayait de recentrer toute cette manifestation du jour de Dieu.
D'abord, il reprend le thème classique, le soleil et la lune s'assombrissent c'est le phénomène par lequel la création perd sa vigueur première et semble s'effondrer. De même que le soleil et la lune avaient brillé au moment de la création pour ordonner le rythme du temps et du monde, ici tout s'assombrit, tout perd son éclat, les cieux et la terre tremblent. Là où c'est le symbole de la solidité de la création, le cosmos perd sa consistance. Pourquoi ? parce que c'est Dieu qui rugit comme un lion. L'image avait été déjà utilisée largement avant Joël. C'est le cri, à la fois cri de guerre, cri d'indignation, cri de révolte contre le péché que Dieu pousse pour réveiller son peuple. Quand Dieu pousse ce cri, la prophète conclut : "Alors vous saurez que je suis le Seigneur votre Dieu qui habite à Sion ma montagne sainte".
On est revenu davantage dans une perspective plus sage, orientée vers Jérusalem, la montagne sainte c'est le culte qui va être réhabilité. On reprend des perspectives qui vont devenir traditionnelles : Jérusalem comme lieu du jugement, comme lieu de la rencontre de Dieu, du surgissement du jour du Seigneur.
Petite note qu'il n'y avait pas jusqu'ici, "les étrangers n'y passeront plus". C'est une évolution de la sensibilité dans le milieu qui entoure le prophète, il faut que le peuple d'Israël retrouve sa pureté et que les étrangers, ceux qui s'étaient implantés sur le territoire n'y existent plus. Ce n'est pas le meilleur de la théologie du prophète Joël, mais l'idée est très belle : le moment où Dieu apparaît, le sommet c'est la présence de Dieu au milieu de son temple rassemblant son peuple. Il faudra attendre plus tard pour que l'on comprenne que le rassemblement de ce peuple sera aussi le rassemblement de toutes les nations. Mais c'est une autre histoire !
AMEN