Ap 19, 1-9 ; Lc 21, 20-33

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

Voici les noces de l'Agneau

F

rères et sœurs, la fin de l'année liturgique est proche et la liturgie nous invite à parler de ces réalités dernières que sont le retour du Christ et la fin du monde. Dans l'évangile de saint Luc, Jésus annonce d'abord la ruine de Jérusalem après la prise de la ville par Titus : "Il y aura une grande détresse sur la terre, colère contre ce peuple, Jérusalem sera investie par des armées". Mais cette ruine de Jérusalem est l'annonce de la fin des temps, car la fin des temps se produira au terme d'une destruction universelle dont la ruine de Jérusalem est le signe avant-coureur.

En effet, cette destruction universelle est déjà à l'œuvre de guerre en guerre, de haine en haine, de jalousie en jalousie, tout ce que nous vivons dans notre quotidienneté et dans la vie internationale, c'est déjà la fin du monde, la fin des temps qui se produit peu à peu et qui peu à peu détruit ce que nous avons reçu de Dieu et qui nous annonce la fin de toutes choses.

En même temps, cette fin des temps, cette destruction universelle, dont Jérusalem est le symbole et le signe annonce quelque chose d'autre. Au milieu de toutes les catastrophes dont parle saint Luc, il y a cette phrase : "Quand cela commencera d'arriver, redressez-vous et relevez la tête car votre délivrance est proche". Les catastrophes sont l'annonce de la fin d'un monde pour un monde nouveau.

Dans l'Apocalypse, de la même manière, le texte nous parle d'abord de la destruction du mal : "J'entendis une foule immense dans le ciel, salut puissance à notre Dieu car ses jugements sont vrais et justes. Il a jugé la prostituée fameuse et vengé sur elle le sang de ses serviteurs". C'est donc que ces catastrophes sont aussi le fruit du péché de l'homme et c'est cette révolte de l'humanité contre Dieu que signifie la prostituée fameuse qui et Babylone, qui est Rome, qui est toutes les institutions humaines. La délivrance proche dont nous parle saint Luc, l'Apocalypse encore nous en donne le récit : "Une voix partit du trône : louez notre Dieu vous tous qui le servez, et vous qui le craignez petits et grands. Alors j'entendis comme le bruit d'une foule immense, comme le mugissement des grandes eaux, comme le grondement de violents tonnerres".

C'est le paradis qui se manifeste. "On clamait Alleluia ! Il a pris possession de son règne le Seigneur, le Dieu maître de tout, soyons dans l'allégresse et dans la joie". Le mystère va s'ouvrir sur la réalité de l'Église, épouse du Christ : "Soyons dans l'allégresse car voici les noces de l'Agneau". Après la destruction du monde, après les catastrophes annoncées, ce sont les noces de l'Agneau. "Voici les noces de l'Agneau, son épouse s'est faite belle, on lui a donné de se vêtir d'un lin d'une blancheur éclatante. Puis l'ange me dit : écris : Heureux les invités au festin des noces de l'Agneau". Ce sont les paroles que nous redisons à l'eucharistie avant de recevoir le pain qui est le Corps et le vin qui est le Sang du Christ.

Ce festin c'est le repas de l'éternité que nous prendrons avec le Christ et avec tous les hommes sauvés et qui est préparé par ces catastrophes qui jalonnent notre histoire et qui sont le fruit du péché de l'homme. Mais le péché n'est pas le plus fort, le dernier mot, c'est celui des noces de l'Agneau, c'est celui de l'allégresse et de la joie. Alleluia.

 

AMEN