FIN ET COMMENCEMENT
Ap 18, 1-2+9+11+21-24
(25 novembre 1986)
Homélie du Frère Jean-François NOEL
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'Apocalypse nous parle de ce qui doit arriver bientôt ou beaucoup plus tard et de ce qui doit achever le monde tel qu'il se déroule en ce moment. Tout à la fois nous parlons de fin et de commencement. De même dans l'évangile il est dit : "Et ceci n'est que le début ceci n'est que le commencement des douleurs qui doivent venir avant que la fin du monde ne soit consommée".
Lorsque nous vivons une épreuve, lorsque nous perdons un de nos parents, ou même dans toutes nos petites souffrances, nos grandes souffrances de la vie, nous les éprouvons tout d'abord avec ce sentiment de fin qu'ils sont pour nous comme un appauvrissement, une déchéance, comme une chute de notre santé, de notre équilibre, de notre pouvoir d'être dans la vie. Et toutes ces choses sont vécues avec ce goût amer que tout doit finir un jour et s'achever dans la mort. Ce goût de la fin qui parsème toute notre vie, l'évangile et le Christ nous invitent à le vivre tout différemment, et même tout à fait à l'opposé.
Accompagner une personne qui vient de mourir, c'est l'accompagner au début de sa nouvelle aventure avec Dieu, c'est l'accompagner aux portes mêmes de la vie, et de la vie qui dure, là où Dieu le Père l'a prise dans ses bras, pour l'emmener vers cette vie qui n'aura jamais de fin. Il n'est plus question de fin, mais il est question d'un commencement. Nous avons accompagné notre sœur ou notre mère vers cet endroit où commence sa vraie vie et sa vraie vie éternelle. Nous sommes aujourd'hui en cet endroit où commence la vie, où commence vraiment un monde nouveau.
Il ne s'agit pas de s'inquiéter ni de l'heure ni du jour, ni de ces épreuves qui font comme un obstacle permanent et nous donnent ce goût de mort, cet avant-goût de la fin mais de les comprendre et de les lire comme le commencement, et comme des commencements toujours possibles et toujours nouveaux. Aujourd'hui, c'est un nouveau commencement pour nous, aujourd'hui le salut nous est proposé et c'est un commencement inouï, inégalé, qui chaque jour prendra un visage nouveau : Dieu vient nous sauver, Dieu vient nous chercher. Et nous irons ainsi, de commencement en commencement jusqu'à celui qui est le vrai commencement et qui est notre mort, qui ne sera plus la conclusion de notre vie, mais qui en sera comme l'achèvement et l'ouverture totale, radicale de la vie pleine à laquelle nous sommes tous appelés.
Ainsi loin de nous arrêter à ce goût de fin qui parsème si souvent notre vie, nos sentiments, nos relations, notre santé, nous sommes invités à les comprendre comme un enfantement d'un monde nouveau, l'enfantement d'un homme nouveau, comme un commencement aujourd'hui, en cette heure, dans cette église. C'est aujourd'hui que le Christ nous donne son salut. C'est pour cela que le Christ nous appelle à vivre, afin que nous soyons partout dans le monde des ferments de ce commencement, des ferments de cette espérance qui jamais ne peut s'éteindre, qui jamais ne peut mourir. Et ainsi nous deviendrons, comme notre cœur, un ferment d'éternité, pour le monde entier et pour la gloire de Dieu.
AMEN