FENÊTRES OUVERTES SUR LE MYSTÈRE DE DIEU
Ap 1, 1-8+17-19
(22 octobre 2004)
Homélie du Frère Yves HABERT

Moissac : L'ouverture du Livre
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ous commençons aujourd'hui la lecture suivie du livre de l'Apocalypse, et quelquefois, nous avons des craintes par rapport à ce livre. Livre que l'on qualifie de difficile, livre hermétique, livre qui suppose certains secrets. Mais en fait, le livre de l'Apocalypse est un véritable bonheur pour le lecteur. Il est une source inépuisable de symboles, une source inépuisable d'images, une sorte de vaste calendrier avec infiniment de vignettes qui s'ouvrent non pas sur des événements du passé, mais qui s'ouvrent sur notre vie, qui s'ouvrent aussi sur le mystère de l'Église, qui s'ouvrent sur le ciel. Autant de petites fenêtres qui vont s'ouvrir jour après jour sur le mystère de Dieu.
La révélation de Dieu, c'est Quelqu'un, voilà ce que nous dit l'Apocalypse. La révélation de Dieu, c'est Dieu qui rentre dans ce monde à travers ses serviteurs, les serviteurs du Christ. La révélation, c'est le Christ qui est mort et ressuscité. Le jeu de la révélation dans l'évangile, c'est toujours comme dans l'Ancien Testament, comme dans le livre de l'Apocalypse, c'est toujours la révélation d'un autre, c'est toujours Quelqu'un qui nous révèle à nous-même, Quelqu'un qui nous révèle le sens et la destinée du monde, à ce monde qui est incapable par lui-même de saisir la destinée profonde, les soubassements du désir. Le livre de l'Apocalypse, ainsi s'inscrivant dans ce petit passage de l'évangile, quand les soixante-douze disciples reviennent tout joyeux, Jésus leur dit dans l'exultation de l'Esprit : ce qui a été caché aux sages et aux habiles a été révélé aux tout-petits, que le Père s'est révélé dans son Fils, et que le Fils révèle à qui Il veut le Père qui l'a envoyé.
L'Apocalypse, c'est précisément la révélation de Jésus-Christ qui se déploie dans le temps de l'histoire, la révélation de Jésus-Christ qui s'incarne dans ces serviteurs, ces fameux serviteurs de l'Agneau. C'est la révélation de Jésus-Christ qui est passé par la mort et qui est le ressuscité. C'est la révélation de Jésus-Christ, et nous, quand nous la recevons, s'il n'est pas là pour nous toucher l'épaule, à ce moment-là, on est comme mort. C'est la révélation de Jésus-Christ qui donne en quelque sorte, une chair à cette connaissance qu'il veut bien nous révéler de lui-même et de son Père. C'est la révélation de Jésus-Christ qui passe par tous ces compagnons de l'Agneau, qui suivent l'Agneau partout où il va. C'est la révélation de Jésus-Christ qui jaillit du cœur ouvert, puisque le livre de l'Apocalypse se termine sur le désir de boire, le désir d'être abreuvé de cette source, le désir de tous ceux qui ont suivi le Christ à travers les tribulations et qui viennent s'abreuver à cette source où l'on peut boire gratuitement.
L'Apocalypse ne doit pas nous faire peur. On prend la peine d'ailleurs au début de ce livre de dire : "Heureux le lecteur et les auditeurs", car le livre de l'Apocalypse, en nous révélant le Christ mort et ressuscité, nous révèle aussi comment ce monde passant par la mort, est promis à la résurrection, ce monde qui est comparé dans l'avant-dernier chapitre de l'Apocalypse, à une fiancée qui remonte en quelque sorte la nef, pour son mariage, pour être présentée à Dieu.
Gardons au cœur dans tout ce temps qui va nous séparer de l'Avent, pendant lequel on va lire tous ces textes, gardons au cœur ces fenêtres qui s'ouvrent à la fois sur notre destinée, sur la destinée du monde.
AMEN