VIENS SEIGNEUR JÉSUS !

Ap 22, 16-17 + 20-21

(29 novembre 2002)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

F

rères et sœurs, en cette fin de l'année liturgique, tous les textes nous parlent de la venue du Christ, et ces quelques lignes de l'Apocalypse et qui terminent de la même façon le Nouveau Testament et donc la Bible, sont toutes centrées sur cette tension vers la venue du Christ. L'Esprit Saint qui anime l'Église, c'est-à-dire l'Épouse, s'écrie : "Viens". Dans sa hâte de voir enfin venir le Christ pour accomplir toutes choses. Et tous ceux qui entendent ce message sont invités eux aussi à s'écrier : "Viens". Le Christ nous invite à être des hommes de soif et de désir, à ne pas être satisfaits de ce que nous avons entre les mains, mais à aspirer à cette venue du Christ qui seul peut accomplir toutes choses, l'histoire du monde, note vie, et tout le désir de l'humanité. 

       Si nous avons soif, alors nous recevrons l'eau de la vie qui est un symbole non seulement du baptême, mais aussi de l'Esprit Saint que le baptême nous donne et qui ne cesse de couler en nous, comme Jésus l'a dit à la femme de Samarie :"Je donnerai une eau vive, qui coule éternellement dans ton cœur". Le Christ est la source de cet Esprit, de cette eau vive, qui peut seul nous transformer. Oui, Jésus nous le dit, son retour est proche. Non pas que nous puissions établir un calendrier de la fin du monde, mais cette proximité est une proximité de l'intensité du désir, car le désir d'accomplir toutes choses et de nous transfigurer, est si grand dans le cœur du Christ, dans le cœur de Dieu, que le désir dans notre propre cœur de le rencontrer enfin, de le voir face à face : "Oui mon retour est proche", dit Jésus, et nous lui répondons : "Oui, viens, Seigneur Jésus".

       Il faudrait que ce cri : "Viens", habite notre cœur, que nous ne soyons pas simplement établis dans la passivité, dans une sorte de satisfaction médiocre de ce que nous avons entre les mains et de ce qu'est notre vie, mais que le fond de nous-mêmes soit habité par cette aspiration vers la venue de Jésus. Jésus ne cesse de venir, mais il faut que cette venue soit de plus en plus intense, comblante, prochaine, pour qu'elle accomplisse toutes choses. 

       En cette fin d'année liturgique, laissons grandir dans notre cœur ce désir de Jésus, ce désir de voir la face de Dieu, ce désir de rencontrer le Seigneur, de le connaître, d'être remplis, comblés par sa venue, ce désir que l'univers tout entier soit renouvelé, transformé par cette venue du Christ qui l'accomplira. Il est l'Étoile radieuse du matin, ce que nous attendons, c'est le matin du monde nouveau, pour que toutes choses soient ainsi transfigurées. 

 

      AMEN