L'HISTOIRE DES HOMMES, TRANSFORMÉE EN JÉSUS-CHRIST
Ap 1, 1-8+17-19
(24 octobre 2002)
Homélie du Frère Yves HABERT
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rofitons de cette accalmie, de ce silence dont l'Apocalypse parle, de ce silence d'une demi-heure, pour dire trois mots. Nous avons commencé à lire le livre de l'Apocalypse, il va nous accompagner jusqu'au vingt-neuf novembre, au cours de nos messes ordinaires, après ce sera le temps de l'Avent, il nous accompagnera et nous aurons sous les yeux une profonde méditation de l'histoire. Les hommes passent leur temps à improviser cette histoire, à la construire, ils ne sont pas des spectateurs passifs de cette histoire, mais ils la font. En même temps, cette histoire les dépasse, cependant elle n'est pas la somme de tout un ensemble, mais elle est profondément traversée par d'immenses courants, par d'immenses vagues, et les hommes improvisent là-dessus comme des pas de danse, ou des notes sur cette partition qui leur est laissée. L'homme n'est pas seul à improviser son histoire, il y a la providence de Dieu qui ne cesse de veiller sur cette histoire des hommes.
Il y veille d'une façon très particulière avec ce qu'on appelle l'histoire du salut de Dieu qui va se déployer à travers des hommes, des femmes, à travers Abraham jusqu'à la vierge Marie. Et tout d'un coup Dieu va venir lui-même dans l'histoire des hommes, d'une façon très particulière, puisqu'à Noël il devient lui-même fils des hommes, Il devient l'un de nous pour marquer encore plus profondément notre histoire. Jusqu'à cet événement qui ne fait pas nombre avec les autres événements, sa mort et sa Résurrection. A ce moment-là, on a l'impression que Dieu a pris complètement possession de toute cette histoire, et qu'elle n'est plus seulement la répétition d'un passé toujours le même, cette histoire est moins que jamais le lieu de l'improvisation, mais cette histoire est finalisée, elle a un but. Mais elle n'est pas seulement finalisée comme un but bers lequel on irait, mais c'est ce but qui nous attire. C'est le Christ ressuscité qui attire à Lui toute cette histoire, Il attire des hommes, des femmes, des individus particuliers, mais Il donne profondément son sens à l'histoire, à travers ce mystère de Pâques. Quand Il reprend souffle, quand le Père l'a tiré du sommeil de la mort, c'est suivant ce mot de Claudel que Jean Bastaire a cité : "En aspirant, il aspire toute l'histoire à Lui". Ainsi, il marque l'histoire profondément, il y met comme un sceau qui est le sceau de sa mort et de sa Résurrection.
C'est précisément ce que nous livre l'Apocalypse : cette histoire des hommes est traversée par la mort et la Résurrection et elle est comme attirée par sa fin, le Christ qui viendra tous nous saisir en Lui pour nous intégrer, pour nous faire participer à la vie de Dieu, le but, le fondement, le sommet de l'histoire de tous les hommes.
AMEN