LE MONDE SERA TRANSFORMÉ ET NON PAS DÉTRUIT
Ap 21, 1-7
(29 novembre 2006)
Homélie du Frère Bernard MAITTE
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e discours du Christ n'est jamais rassurant. Finalement, quand on y réfléchit, il y a très peu de paroles consolantes dans l'évangile. Tous ces passages concernant l'avènement du Royaume, la venue du Fils de l'homme, la fin de ce monde, prennent une grande partie de l'évangile. S'il fallait d'ailleurs retirer tous les discours que l'on appelle eschatologiques, c'est-à-dire concernant la fin du monde et l'avènement du Fils de l'Homme, l'émergence, on retirerait la plus grande part de l'ensemble des évangiles.
Faut-il pour autant si le discours de Jésus n'est pas rassurant, s'effrayer comme les apôtres ? C'est d'ailleurs peut-être le seul mot de consolation du Christ : ne vous effrayez pas. Bien qu'il dise : ne vous effrayez pas, il y aura encore des tremblements de terre, il y aura des souffrances, il y aura la mort, vous serez haïs, etc … comment ne pas s'effrayer, quand il n'y a rien qui puisse nous faire penser que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. A moins que nous soyons d'un tel optimisme qu'aucune souffrance, aucune mort, aucun tremblement de terre ne touche ni notre esprit, ni notre cœur.
Est-ce cela la foi chrétienne ? Je crois que ce serait se tromper que de le croire. Ne pas s'effrayer de ce qui arrive, signifie dans ces cas-là, avoir confiance dans ce qui vient. Avoir confiance dans ce qui vient, dans ce qui est en train de devenir, c'est justement pouvoir reconnaître les signes des temps. C'est percevoir ce qui dans ce monde, dit déjà ce que Dieu réalise, c'est pouvoir discerner dans les œuvres accomplies ce qui a déjà l'allure de la construction du Royaume de Dieu parmi nous.
Je reviens au passage que nous avons lu du livre de l'Apocalypse. Nous nous rendons compte d'une chose à travers un mot, je ne sais pas si vous l'avez entendu, qui revient dans ce passage, cinq fois : c'est le mot nouveau. "Voici, je fais un monde nouveau - Voici, je fais une terre nouvelle - voici la Jérusalem nouvelle - voici je fais l'univers nouveau". Ce qui est intéressant, c'est que la fin du monde n'est pas la destruction pure et simple du monde, la fin du monde est la transformation de ce monde. Le passage de l'Apocalypse le dit merveilleusement : "Le monde ancien s'en est allé". Pourquoi le monde ancien s'en va-t-il ? pour laisser émerger le monde nouveau. Il s'agit toujours du monde. Il s'agit de ce qui se réalise déjà dans nos vies. Que ce qui est ancien, que ce qui est vieux, que ce qui est du péché fuie et s'en aille pour laisser en nous la plénitude de la vie du Christ resplendir et faire de nous des hommes nouveaux, par le baptême, la confirmation, par le sacrement de l'eucharistie qui renouvelle en nous cette immense transformation qu'est l'acte de la Pâque qui nous fait quitter au jour le jour ce qu'il y a de mort et d'ancien en nous pour passer à la vie au monde de la résurrection qui et le "déjà là" de la nouveauté de Dieu dans nos vies. Nous pouvons dire que ce n'est pas que nous soyons étrangers ou que nous nous désolidarisions de ce monde, mais au contraire, le chrétien accepte d'habiter ce monde pour faire saisir au cœur même de son existence ce qu'il y a déjà de Dieu de l'éternité, ce qu'il y a déjà de nouveau, de l'avènement du Royaume au cœur même su quotidien.
AMEN