HEUREUX LES INVITÉS AU FESTIN DES NOCES

Ap 19, 1-9

(25 novembre 2006)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

Nonette : Agneau Pascal 

C

'est la destruction de Jérusalem par Titus, qui a été, pour prendre une image biblique, le commencement des douleurs, quand Jérusalem fut investi par des armées et qu'elle fut dévastée, qu'il n'en resta pas pierre sur pierre. Au-delà de cette destruction de Jérusalem en l'an soixante-dix, ce sont toutes les guerres qui n'ont pas cessé de ravager le monde, c'est notre vingtième siècle avec le nazisme, la shoah, avec aussi le rège du communisme sur tous les pays de l'Est, et encore aujourd'hui la haine inextinguible entre Israël et les Palestiniens, c'est la guerre d'Irak, ce sont toutes les guerres qui nous menacent et qui vont se succéder. Il y aura une grande détresse sur la terre, et une grande colère. Ils tomberont sous le tranchant du glaive ou des bombes atomiques, ils seront emmenés captifs dans toutes les nations, et Jérusalem, symbole de l'amour de Dieu pour nous sera foulée aux pieds. 

       C'est bien ce que nous voyons, et c'est bien ce que cela veut dire que le monde est en train de se détruire. On parle de la fin du monde, mais il y a dans notre monde une puissance d'autodestruction qui est comme cette prolifération du péché, de la haine, de la  jalousie, du meurtre, de la violence. 

      Au milieu de ce paysage désertique et dévasté qui est celui que nous voyons et qui nous fait peur, au milieu de tout cela, Jésus annonce : "Alors, on verra la Fils de l'Homme venir sur les  nuées du ciel avec une  grande gloire". En effet, tous ces cataclysmes qui ne cessent de ravager le monde et que nous voyons  de nos yeux, ne sont pas le dernier mot. Au-delà, il y a encore la gloire du Fils de l'Homme, c'est-à-dire le triomphe de l'amour sur la haine, le triomphe de la paix sur la violence. "Quand cela commencera d'arriver, redressez-vous, relevez la tête, ne vous laissez pas abattre". Ne croyez pas que c'est le dernier mot de toute chose, ne croyez pas que tout finira dans le néant. Pourquoi ? Relevez la tête, redressez-vous, votre délivrance est proche. 

       Et c'est à ce moment-là que le texte que nous avons lu dans l'Apocalypse prend le relais du passage d'évangile que nous venons de lire : à ce moment-là, notre délivrance est proche. Pourquoi ? j'entends dans le ciel un  grand bruit d'une foule immense. Et que crie cette foule immense ? "L'humanité prostituée a été jugée". L'humanité qui s'est adonnée à la haine et à la violence, sa fumée s'élève pour les siècles des siècles, et maintenant c'est le règne de l'Agneau : "Il a pris possession de son règne le Seigneur Dieu, Maître de tout". Au-delà de tous les malheurs, de toutes les violences qui déchirent le monde, il y a le règne de la paix, le règne de l'Agneau parce qu'il est celui qui a pris sur lui toute la violence du monde. Il a accepté d'être déchiré, mutilé, blessé, le côté transpercé, il a accepté de porter sur lui toutes nos fautes, nos péchés toutes nos haines, pour les dissoudre dans son amour triomphant : "Voici les noces de l'Agneau". Cet Agneau immolé, offert en sacrifice, épouse l'humanité pour la sauver. Ce sont des noces, et cette épouse qui s'était adonnée à toutes ces prostitutions, elle s'est faite belle, Il l'a faite belle, Il lui a donné d'être vêtue d'un lin fin d'une blancheur éclatante, et c'est ce que nous vivons déjà dans cette eucharistie : "Heureux ceux qui sont invités au festin des noces de l'Agneau", selon la parole exacte qui est annoncée pendant l'eucharistie qu'on traduit en français d'une façon un peu large : "Heureux les invités au repas du Seigneur", c'est-à-dire à ce repas qui commence aujourd'hui mais qui se finira dans la béatitude quand toutes choses seront réconciliées. 

 

       AMEN