SOYONS ATTENTIFS

Ap 18, 1-2+9-19 ; Lc 19, 41-48

(15 novembre 2008)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

F

rères et sœurs, les textes que nous venons d'entendre font partie de cette dernière étape de l'année liturgique où la liturgie nous invite à tourner notre regard vers la fin des temps, vers le Seigneur qui vient. C'est pourquoi ces textes accumulent des images de destruction, car ce monde s'en va à sa perte, non pas parce que Dieu voudrait le détruire, mais parce que les hommes eux-mêmes s'acharnent à le détruire. Aussi bien la lamentation sur Babylone que la lamentation de Jésus sur Jérusalem viennent de ce fait : les hommes n'ont pas reconnu le temps où ils étaient visités. Quand Jésus est venu visiter notre terre, notre nature humaine, quand il vient visiter chacun de nous, souvent, notre cœur reste inattentif, fermé, non pas toujours par hostilité, mais fermé parce que nous sommes indifférents et nous pensons à autre chose.

Il est important que nous comprenions que le Seigneur vient au cœur de notre vie, il vient dans nos journées les plus ordinaires. Le Seigneur ne cesse de venir à notre rencontre, il nous appelle et nous attire à lui. Il ne faut pas que nous soyons inattentifs, il ne faut pas que sa voix qui nous appelle au fond de notre cœur passe inaperçue. Il y va du bonheur, qui est de nous laisser investir par la présence de Dieu, par la présence de l'amour de Dieu, par ce commandement de l'amour que Jésus nous a laissé et qui est le seul commandement, et la seule source possible du bonheur.

Quand Jésus vient au cœur de notre vie pour nous inviter à l'amour, ne soyons pas distraits. Que notre cœur s'ouvre à cette Parole, que nous ne collaborions pas à la ruine de ce monde par toutes les guerres, les jalousies et les haines qui s'y accumulent, mais que nous soyons au contraire des témoins de l'amour qui finalement sera vainqueur. L'amour est la nature profonde de Dieu, et il ne veut pas laisser le mal l'emporter sur l'amour. C'est notre foi, nous croyons en la victoire de l'amour. Victoire sur les guerres, victoire sur les haines, victoire sur notre mort, victoire sur tous les dangers qui sont dans le monde, car en fin de compte, cela seul a valeur : nous aimer les uns les autres comme Dieu nous a aimés pour faire régner son amour partout sur la terre.

Que ce soit notre pensée, en ces moments où nous nous approchons de la fin de l'année liturgique et où nos regards se tournent vers la fin du monde, vers l'accomplissement de toutes choses en Dieu par sa grâce.

 

AMEN