LES DIFFÉRENTS REGARDS FACE AUX MIRACLES
Est 6, 11-24 ; Lc 13, 10-17
(20 octobre 2008)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL
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rères et sœurs, cette page d'évangile est semblable à beaucoup d'autres pages et à première vue elle n'a pas grand-chose de particulier à nous apprendre, je relèverai trois choses.
La première qui est la plus importante, c'est que la femme que Jésus guérit, était courbée. Nous voyons tout de suite quelle est cette infirmité, mais l'intérêt, c'est qu'après cette guérison, elle se redresse. Or, le verbe qui signifie "se redresser" est le même que celui qui signifie ressusciter, se lever du tombeau. On peut donc lire dans cette guérison qui permet à cette femme de se redresser, une annonce de la résurrection par laquelle le Christ nous communiquera de pouvoir nous tenir debout, de pouvoir regarder face à face le Seigneur, de nous redresser devant lui.
La deuxième remarque, c'est que Jésus va prendre le chef de la synagogue à son propre piège. Il lui dit : comment refuser de guérir cette fille d'Abraham, alors que pour les empêcher de mourir, le jour du sabbat, tu prends ton âne et ton bœuf et tu les mènes à boire. Ainsi Jésus marque la contradiction interne qu'il y avait chez les observants stricts de la Loi. Ils refusaient ce qu'ils appelaient un travail, par exemple la guérison d'un malade, mais quand il s'agissait des animaux, ils savaient très bien en prendre soin même le jour du sabbat.
Une autre remarque, c'est que les évangélistes commentent de façon un peu différente les réactions des gens devant les miracles de Jésus. Chez Matthieu, la plupart du temps ils produisent la haine et l'indignation du Christ de ceux qui le voient accomplir des miracles le jour du sabbat. Cette réaction nous manifeste que petit à petit se prépare la Passion du Christ, cette accumulation d'indignation et de haine prépare le moment où le Christ sera rejeté et conduit jusqu'à la croix.
Saint Marc lui, nous montre que quand Jésus accomplit un miracle, les démons eux-mêmes crient en proclamant qu'il est le Fils de Dieu et Jésus est obligé de les faire taire de peur que précisément, cela ne fasse que grandir la haine contre lui et la fausse interprétation de son rôle de Messie, comme s'il était là pour accomplir des merveilles, ce que les démons essaient de faire croire à la foule.
Saint Luc lui, nous dit les choses autrement : comme il disait cela, ses adversaires étaient remplis, il ne dit pas de haine, mais de confusion. Les gens ne savaient plus comment répondre aux paroles de Jésus. Et surtout, toute la foule était dans la joie devant les choses magnifiques qui arrivaient par lui. Luc souligne donc cette adhésion première de la foule à la prédication et aux miracles de Jésus, adhésion qui ne durera qu'un temps, puisque cette même foule le jour du vendredi saint criera : mettez-le à mort; crucifiez-le. Il y a eu donc pendant un certain temps une connivence entre le Christ et sa mission et les foules qui l'entouraient, mais elle n'a pas résisté à l'épreuve de la condamnation par les chefs du peuple et les Sadducéens.
AMEN