LA RICHESSE DU CHRIST ET DU CHRÉTIEN
Ga 5, 13-18 ; Lc 18, 24-23
(26 octobre 2007)
Homélie du Frère Bernard MAITTE
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e passage que nous venons d'entre se situe entre deux riches, le notable riche que l'on appelle parfois dans d'autres évangiles, le jeune homme riche, qui ne veut pas finalement donner toutes ses richesses alors qu'il accomplit tous les commandements de Dieu et il s'en va tout triste. L'autre riche c'est Zachée qui va redonner tous les biens, tout ce qu'il a pris et qui lui est tout joyeux.
Qui peut être sauvé ? Cette question est posée à Jésus par ceux qui l'écoutent, puisqu'il est difficile, impossible même à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu. Il est vrai que Pierre lui-même est un peu bouleversé : nous avons tout quitté. Jésus leur fait cette réponse leur promettant qu'ils recevront bien davantage que ce qu'ils ont quitté.
La richesse est-elle méprisable ? Jésus serait-il un pré-communiste qui aurait voulu que tout le mode partage ses biens, que tout le mode ait exactement la même chose et qu'ensuite le mépris des richesses conduise à avoir une idéologie du Royaume de Dieu qui consisterait à ce qu'il n'y ait pas de différence et qu'il n'y ait ni riches ni pauvres. On sait combien les idéologies se sont complètement anéanties sur le mur de la richesse et de la pauvreté.
Quand Jésus parle de la richesse, il n'a pas le mépris des biens, ni de ce que l'on peut appeler la richesse. En revanche, c'est une mise en garde que fait Jésus : malheur aux riches, à ceux qui se croient riches, à ceux qui mettent leur confiance uniquement dans leurs richesses. C'était d'autant plus fort que dans le judaïsme, avoir des biens, une terre, une épouse, des enfants, la vigne et l'olivier, le figuier, des troupeaux tout cela est le signe de la bénédiction de Dieu. Jésus semble s'opposer totalement à ce qu'Israël a toujours cru de la part de Dieu, que les biens venaient de lui. Jésus ne remet pas en question les dons de Dieu, mais il remet en cause le désir l'accaparement, la volonté de vouloir soumettre avec des richesses. Le fait que l'on est tellement assuré avec ses richesses que l'on croit pouvoir s'en sortir par soi-même. C'est dire aussi que ce qui mène le monde c'est la jalousie et le pouvoir et ce désir de prendre comme Adam a fait en pensant que Dieu n'avait pas donné toutes ses richesses, puisqu'il a pensé que Dieu s'était pour lui-même gardé un arbre, celui de la connaissance du bien et du mal et il a voulu prendre ce qu'il pensait être la richesse de Dieu.
L'exemple est donc toujours celui du Christ, de l'exemple à suivre. De manière assez étonnante après ce discours sur la richesse, Jésus parle de sa Passion. Il parle de ces prophètes qui ont annoncé qu'il devait souffrir et mourir et que le troisième il ressusciterait; Il est l'exemple même de ce qu'il vient de dire. Lui est riche, de toute la création, de sa divinité, de toute sa puissance et de sa capacité de faire vivre, de sauver et d'aimer.
Comme le dit l'épître aux Philippiens, il n'a pas fait l'avare avec sa divinité, avec sa richesse. Il ne l'a pas gardée pour lui, il s'est anéanti, c'est le dépouillement jusqu'à donner sa vie, la mort sur la croix. C'est pourquoi ensuite Dieu l'a exalté, il ressuscitera, c'est sa vraie richesse. La richesse de Jésus, c'est le don de sa vie, il est vraiment Dieu parce qu'il donne sa vie : il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. C'est là sa seule vraie richesse. Ce que Jésus nous demande c'est de la suivre sur ce chemin de la Pâque, de savoir en qui nous avons mis notre foi. Qu'est-ce qui nous motive ? Qu'est-ce qui nous pousse dans la vie et nous dynamise ? Qu'est-ce qui au-delà de tous nos biens ne nous enferme pas mais au contraire, si nous avons des richesses quelles qu'elles soient, spirituelles, intellectuelles, matérielles, nous n'en faisons pas pur nous un rempart mais qu'elles deviennent pour nous le signe d'un appel qu'il y a de plus grand, que nous pouvons de plus beau, c'est cet amour manifesté dans le don de la vie et que l'ultime trésor comme le dit l'évangile, là où est ton trésor là aussi est ton cœur, le vrai trésor du chrétien, sa vraie richesse c'est bien le salut la Pâque Christ, pas simplement pour nous mais pour la redonner, pour la redistribuer cette richesse, ce mystère, manifester à tous les hommes. Car nous ne pouvons être chrétiens que si nous acceptons la grâce de Dieu, voilà un vrai trésor et que cette grâce nous puissions la partager et aider tous nos frères à passer avec nous et le Christ de la mort à la vie, du péché à la grâce, du mal au bien.
AMEN