UNE FOI LOUABLE
Ct 6, 4-9 ; Lc 7, 1-10
(5 octobre 2007)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL
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rères et sœurs, cette guérison est très connue et souvent commentée. C'est en effet un peu le prototype des guérisons accomplies par Jésus. Ce qui est remarquable et que Jésus admire chez ce centurion qui n'est pourtant qu'un païen, qui est un soldat romain, proche de la foi juive mais étranger au peuple élu, c'est tout en même temps l'humilité qui est la sienne : je ne me suis pas jugé digne de venir te trouver moi-même dit le centurion. Il n'a même pas osé aller trouver Jésus personnellement pour lui demander cette grâce, il a envoyé des messagers, des juifs qui pouvaient témoigner en sa faveur.
L'humilité de cet homme qui après avoir supplié Jésus de venir guérir son serviteur, pris en quelque sorte, comme de remords, lui envoie dire : "Je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit. Je n'ai pas la possibilité de te demander de te détourner de ton chemin pour venir chez moi, je ne suis qu'un pécheur, qu'un pauvre, qu'un païen, et ce serait trop demander que tu me consacres ce temps pour venir sauver mon serviteur". L'humilité donc de cet homme et en même temps sa foi inébranlable. Non seulement il croit que Jésus est assez puissant, assez proche de Dieu pour pouvoir guérir la maladie de son serviteur, non seulement il croit cela, mais il croit que Jésus peut commander à la maladie simplement par sa parole et à distance : Il n'est pas nécessaire que tu viennes chez moi, dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. C'est affirmer que Jésus a une puissance qui n'est ni entravée par la distance, ni même par l'absence, qui s'exerce dans tout l'univers sans limites et peut toute chose. Cette foi sans défaillance attire l'admiration de Jésus car le centurion compare la relation d'autorité de Jésus avec l'univers à sa propre autorité, bien modeste, il le dit lui-même : je ne suis qu'un subalterne, et pourtant, quand je commande à un soldat, il fait ce que je lui demande.
Humilité et confiance. Ces paroles du centurion : "je ne suis pas digne que tu viennes sous mon toit mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri", est reprise par la liturgie quand nous nous approchons de la communion. Quand nous venons pour rencontrer le Christ, il va venir sous notre toit, dans notre cœur, pour nous remplir de sa présence. Comme le centurion nous devons avoir conscience que nous ne sommes pas dignes que Jésus vienne en nous. Personne ne peut être digne d'étreindre le Seigneur et de le contenir dans son cœur parce que le Seigneur est sans limites et que rien ne peut le contenir. Nous ne sommes pas dignes parce qu'il est impossible d'être digne de recevoir Dieu en soi et pourtant, nous croyons de toutes nos forces : si tu le veux, dis seulement une parole et je serai guéri, et toute l'indignité, toute la pauvreté, tout le péché, tout ce qu'il y a en moi qui n'est pas apte à recevoir ta présence sera guéri par une seule parole de Dieu.
Quand nous nous approchons de l'eucharistie, même si nous avons pu confesser nos péchés auparavant, comprenons bien que nous sommes des pécheurs, nous sommes des pauvres, nous sommes comme des païens comme ce centurion et nous nous approchons du Seigneur car c'est lui seul qui peut permettre cette rencontre, qui peut permettre cette intimité entre lui et nous, dont nous ne pourrions pas rêver par nous-même.
AMEN