LA FIN DES TRIBULATIONS
Ap 18, 1-2+9-11+21-24 ; Lc 21, 5-19
(20 novembre 2006)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL
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rères et soeurs, nous voici donc parvenus, tant dans l'Apocalypse que dans l'évangile, à cette annonce explicite de la fin des temps, de ces grands bouleversements par lesquels s'achèvera l'histoire du monde.
Dans l'évangile, Jésus prend appui d'abord sur la ruine de Jérusalem et du temple. "Voyant la splendeur de ce temple, Il déclare : de tout ce que vous contemplez, viendront des jours où il ne restera pierre sur pierre". Effectivement, en l'an 70, Titus associé à l'empire de son père Vespasien, détruira le temple de Jérusalem qui n'a plus été reconstruit depuis. Pour Jésus, cette destruction du temple n'est pas la fin du monde, elle en est l'annonce, elle en est le signe précurseur. Il nous dit que tout ceci va se déployer à travers l'histoire des hommes, guerre, la destruction de Jérusalem, n'étant que les prémices de ces guerres qui se succèderont sans cesse, désordres, persécutions. "On mettra la main sur vous, on vous persécutera, on vous livrera aux synagogues, aux prisons, on vous traduira devant des rois et de gouverneurs, vous serez livrés même par vos pères et mères. Beaucoup d'entre vous seront mis à mort, vous serez haïs de tous à cause de mon nom".
Toute l'histoire des hommes est remplie de ces guerres, de ces persécutions, de ces morts des martyrs, et ainsi petit à petit le monde déploie ses capacités de haine, de désordre, et se manifeste ce que l'Apocalypse appelle les prostitutions de la grande Babylone, cette ville étant évidemment ici un terme symbolique pour désigner toutes les puissances du monde. Nous sommes payés pour savoir pendant ce vingtième siècle qui vient de s'achever, combien de destructions, combien de guerres, de haines, combien de totalitarisme ont comme à plaisir, détruit les hommes.
Jésus nous promet deux choses. D'abord, c'est que cette grande Babylone sera détruite. Les puissances du monde ne sont pas appelées à une victoire, mais à une destruction comme cette meule que l'ange jette au milieu de la mer. "Hélas, immense cité, une heure a suffi pour que tu sois jugée. D'un coup, Babylone la grande cité sera jetée à bas et on ne la verra jamais plus". C'est ce poème que nous lisions tout à l'heure dans l'Apocalypse, la plus grande lamentation sur cette ville qui était la gloire de la terre et représente toutes les puissances du monde, non seulement Babylone, l'Égypte, Rome, le nazisme qui s'est déployé, non seulement la domination des régimes totalitaires communistes dans les pays de l'est. Il nous est dit que cela trouvera fin et que dans cette puissance du monde, on n'entendra plus jamais ni les chants des joueurs de flûte, ni le chant de la meule, ni le travail des artisans, ni la lumière de la lampe, ni même la voix des jeunes époux et des épousées.
Les puissances du mal sont vouées à la destruction. C'est la première promesse que Jésus nous fait. Ne nous laissons pas effrayer par tous ces cataclysmes, par toutes ces guerres, par toutes ces persécutions, tout cela n'a qu'un temps. Jésus l'affirma, c'est la deuxième partie de sa révélation : "pas un cheveu de votre tête ne se perdra. Par votre constance, par votre courage, vous sauverez vos vies".
Telle est la vision de l'histoire, la vision du monde, que nous révèlent ainsi l'évangile de Jésus et l'Apocalypse. Telle est cette histoire que nous voyons se dérouler sous nos yeux, et qui en première apparence semblent annoncer de façon terrible la prolifération du mal, et son apparent triomphe. Jésus nos le dit, ceci n'est qu'une apparence temporaire, les puissances du mal seront vaincues et détruites.
C'est cette espérance qui a soutenu le courage des martyrs et ils ont été vainqueurs. En donnant leur vie, en donnant leur sang ils ont répandu l'évangile, ils ont fait fructifier la grâce de Dieu. Si aujourd'hui, il y a encore des martyrs, car il en a eu partout dans le siècle qui vient de s'écouler, et il y en aura encore certainement dans les temps à venir, si aujourd'hui encore donc, se déchaîne le mal, ne perdons pas courage, car l'amour est plus fort que la mort, car l'amour du Christ est plus fort que les persécutions du monde et que les puissants du monde, et cet amour nous ressuscitera, nous rendra pleinement membres du Corps du Christ et membres du Royaume qui n'aura pas de fin.
AMEN