Y A-T-IL DE BONNES EXCUSES ?
Dt 6, 3-9 ; Lc 14, 15-24
(24 octobre 2006)
Homélie du Frère Bernard MAITTE
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ous sommes sur le savoir-vivre évangélique en ce moment avec cet évangile de Luc sur le choix des places d'abord, sur le choix des invités, puis les invités qui se dérobent. Cette parabole est d'une lecture très simple, puisque le maître, c'est le Seigneur qui invite, et tel et tel se dérobent à l'invitation.
Il s'agit bien sûr d'une invitation à Israël. Le maître et Seigneur, l'Agneau de Dieu; c'est lui qui invite, c'est le Christ lui-même qui invite en son Royaume. Israël est fautif de ne pas avoir vu qui était vraiment celui qui lançait cet appel, de ne pas avoir reconnu que le Seigneur l'invitait à entrer dans son Royaume par ce repas. Israël est le premier des invités au festin des noces de l'Agneau.
On pourrait s'arrêter là. Il s'agit simplement de stigmatiser le refus d'Israël. Mais je crois que ce serait trouver une bonne excuse puisque normalement l'évangile s'adresse aux chrétiens également, à nous tous ici présents. Nous sommes nous aussi invités au festin des noces de l'Agneau. Nous sommes invités au repas du Royaume. Je crois que nous devrions avoir conscience que nous sommes et que nous vivons dans un monde qui refuse, se dérobe, à l'invitation de Dieu et trouve les bonnes excuses, ou du moins, ce qu'il croit être les bonnes excuses. Les prêtres savent bien le nombre de fois où l'on trouve des excuses pour reculer le baptême d'un enfant, ne pas se marier, ne pas venir à la messe du dimanche, et que ces excuses sont nombreuses et forcément toutes valables.
L'évangile s'adresse à chacun, car Dieu fait appel à notre liberté, nous ne sommes pas des marionnettes entre ses mains et nous devons assumer nos refus. Dieu le dit lui-même par la bouche de Jésus: "ils ne mangeront jamais de mon repas". Mais ce qui nous différencie d'Israël, c'est qu'au moins Israël recherchait Dieu et qu'il avait le désir malgré tout de connaître Dieu, même s'ils n'ont pas reconnu le Messie, le Christ Jésus. Je ne sais pas si nous, nous avons cette excuse. A-t-on à cœur effectivement de guetter l'invitation de Dieu dans notre monde ? On pourrait se dire, et ce qui est exact, que nous pratiquons, célébrons, nous venons au repas du Seigneur. Il faut bien le savoir, nous pouvons trouver aussi des excuses multiples et nombreuses pour rompre la communion avec Dieu, pour ne pas répondre pleinement à son invitation, pour ne pas participer entièrement au repas. Cela peut porter le nom de "nos fautes", de nos péchés, de nos négligences, et nous sommes solidaires de tout un monde qui ne répond pas pleinement à l'invitation de Dieu.
Il nous faut réentendre ce genre de parabole pour prendre conscience que des excuses pour ne pas prier, pour ne pas être près de son frère, pour ne pas répondre aux appels de détresse, sont toujours des mauvaises excuses. Jésus nous rappelle une chose : son Royaume est composé de tous ceux qui petits, estropiés et semblables, sont invités et ont répondu à cet appel.
Que notre cœur se fasse tout petit pour que notre réponse soit plus grande, lorsque nous entendons cet appel, lorsque nous percevons dans les signes de notre temps, le Seigneur qui parle et qui nous appelle à toujours plus de communion. Sachons trouver la bonne réponse et non pas les mauvaises excuses.
AMEN