Ez 33, 1-9 ; Lc 5, 12-16

(5 septembre 2005)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

A

travers les deux textes que nous venons d'entendre, c'est la Parole de Dieu qui vient sonner dans un monde occupé de lui-même, qui n'attendait rien de l'extérieur, et qui se trouve interpellé, appelé par cette Parole. La Parole de Dieu vient dans un monde qui s'est suffi de lui-même, il a oublié d'où il arrivait, il a oublié sa destinée, son histoire, et il a cessé d'attendre qu'une parole vienne, une parole qui l'a fait naître, vienne continuer l'histoire. Cette Parole qui a été la Parole de la création et qui l'a fait surgir du néant, doit pour autant continuer son œuvre. Il y a une sorte d'endormissement du monde et des créatures qui l'habitent, qui n'attendent plus la Parole qui l'a créé, pour qu'elle continue son œuvre de salut. C'est ce qui se passe avec l'évangile qui, à travers l'avancée de la renommée de Jésus, est le signe de l'avancée du Royaume.

La manière dont le Royaume s'avance, c'est la façon que Dieu utilise pour continuer son premier travail. En reconnaissant dans ce second travail qui est le salut, la présence de Dieu, les hommes reconnaîtront la présence du créateur. Création et salut, en quelque sorte, sont la manière dont Dieu a pris soin et continue de prendre soin. C'est pourquoi dans la Parole que nous entendons, c'est à la fois une Parole créatrice, qui fait surgir, qui fait naître, qui fait mettre debout, et en même temps, qui poursuit son œuvre, en emmenant chaque homme et tous les hommes prévus en ce monde, au terme de leur vie, c'est-à-dire auprès de Dieu.

Demandons au Seigneur que nous entendions cette Parole non seulement comme celle qui nous fait surgir du néant, qui nous crée à tout instant, mais qui nous propose aussi une histoire de guérison, comme celle qui a transformé la vie du lépreux. Que Dieu ouvre nos cœurs et les guérisse.

 

AMEN