LE VRAI REPOS EN DIEU
Esd 7,11-16+25-26 ; Lc 12, 13-21
(16 octobre 2002)
Homélie du Frère Christophe LEBLANC
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n fait, ce bruit que nous entendons résume très exactement ce que nous vivons dans notre vie spirituelle quand notre âme se trouve constamment envahie de bruit, un sentiment que parfois notre tête est tellement envahie, imprimée de soucis, de problèmes, de questions, de choses à résoudre du passé, de l'avenir, on a l'impression que notre tête va exploser et qu'on ne sait pas comment s'en sortir. D'ailleurs, très souvent, que ce soit dans la rue, ou les activités, ou dans la prière personnelle, dans le plus grand silence, même sans ce genre de bruit, on a un bruit qui continue à nous poursuivre, et qui nous empêche de nous reposer.
Ce genre de chose résume très exactement ce que l'on disait au sujet des Pères du désert qui se sentaient poursuivre par le diable, là aussi notre tête semble être prise dans un étau de problèmes insolubles, ou au contraire de problèmes dont on pense qu'on peut enfin leur apporter une solution. Et au moment où nous pensons que la solution est là, quand notre tête se repose, quand ce genre de bruit semble s'arrêter et que l'on se dit qu'on va pouvoir reprendre sa marche, qu'on a gagné quelque chose, les événements prennent un malin plaisir pour redoubler de violence et de problèmes.
C'est un peu ce qui se passe pour ce brave homme, il a la tête remplie de projets très intéressants sur son avenir, sur le développement de sa société, de son commerce, et au moment même où il pense qu'il est arrivé à sortir les solutions nécessaires, il se retrouve confronté à quelque chose qui ne lui appartient pas, ce sont les événements, c'est le destin.
La quête du repos, parce que je crois que c'est ce que cet homme cherche, c'est de pouvoir se reposer. J'ai envie de dire, comme beaucoup d'entre nous, nous cherchons cette quête du repos. Paradoxalement, nous pensons très souvent que le repos réside dans le fait de ne rien faire, parce que nous faisons trop l'expérience à force de faire, ou à force de penser, nous n'en pouvons plus, nous sommes fatigués et nous ne savons comment sortir de ce genre de bruit. Le repos que nous cherchons n'est pas nécessairement le meilleur repos. Le véritable repos n'est pas dans l'absence de l'action, ou dans l'absence de la pensée, mais le meilleur repos, est véritablement le repos en Dieu.
La fin de l'évangile nous dit justement que le problème de cette personne c'est qu'il n'a pas su se confier à Dieu, il a thésaurisé pour lui et non pas pour Dieu, c'est sans doute parce qu'il a vécu trop dans l'avenir, en se montant des plans, et il n'a pas su regarder les choses telles qu'elles étaient, et accepter un repos qui est dans le mouvement. Le problème de la thésaurisation, pour nous, dans notre vie spirituelle, c'est que nous avons tendance à amasser (je suis nul en économie et en finances), imaginez les entrées, les sous qui rentrent, puis généralement, on ne veut pas que cela sorte. Ce à quoi nous appelle Dieu dans la thésaurisation ou du mouvement monétaire de nos pensées, de notre prière et de notre vie, est d'accepter qu'il y ait une entrée et qu'il y ait ne sortie. Par conséquent le moment qui existe entre l'entrée et la sortie, n'est pas un moment où nous avons à nous reposer, mais au contraire, un moment où nous avons à utiliser ce qui nous est donné dans un mouvement, dans une construction, dans une élaboration, pour accepter que ce que nous avons reçu soit transformé et aille à quelqu'un d'autre.
Je pense que c'est ce que Dieu nous demande: découvrir que ce qui nous est donné n'est jamais pour nous-mêmes, mais que nous avons à le transformer et à le rendre à tous ceux qui nous entourent. De cette manière, les bruits qui nous environnent et qui nous font si mal, s'apaiseront, ou du moins, seront à leur tour transformés pour que nous puissions trouver dans notre cœur un peu plus de sérénité et de paix.
AMEN