QUEL EST NOTRE TRÉSOR ?
Jb 29, 1-10+21-25 ; Lc 12, 32-38
(11 octobre 2000)
Homélie du Frère Bernard MAITTE
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I |
l y a des phrases dans l'évangile qui deviennent comme des proverbes : "Là où est ton cœur, là est ton trésor". C'est vrai que nous sommes souvent focalisés par une seule chose selon ce que nous recherchons dans notre vie, ce à quoi tendent nos actions, le but ou le sens deviennent ce qui est central dans notre vie ou ce que nous pourrions exprimer sous l'image du trésor. Ici, lorsque Jésus parle du trésor associé au cœur montre bien que il y a dans l'ordre de la foi chrétienne une chose essentielle à ne pas oublier, c'est qu'étant dans ce monde, étant pris dans le tissu quotidien de nos relations que dans les actions que nous poursuivons, il y a un but à ne jamais oublier, celui de la construction du Royaume de Dieu, construction qui commence dès ici-bas et qui s'achèvera dans l'éternité. C'est pourquoi le Seigneur fait ce rapport et ce lien entre l'attachement que nous pouvons voir à une réalité ou à une chose, et ce lien c'est celui qui sera aussi la garantie de notre attachement définitif à Dieu, notre vrai trésor. Du coup, nous sommes renvoyés à ce que nous vivons : est-ce que ce que nous vivons est en vue du Royaume et de l'éternité ? Nous pouvons trouver en nous-mêmes les arguments qui nous feront dire que ce que nous poursuivons c'est bien Dieu, à travers la beauté, les oeuvres que nous accomplissons au service de l'Église et du Royaume, à travers ce terme de charité que nous essayons de mettre dans chacune de nos actions.
Mais même là, il peut y avoir un piège, nous pouvons en effet estimer que c'est comme un trésor spirituel auquel nous sommes attachés, mais nous réduisons aussi parfois ce trésor spirituel à une sorte de compensation personnelle, qui nous donne bonne conscience d'accomplir les oeuvres ou les tâches du Royaume alors que nous ne cessons pas de nous rechercher encore nous-mêmes, et non pas Dieu ni l'œuvre du Royaume.
C'est à ce discernement-là que le Seigneur nous appelle, puisque la phrase d'introduction était : "Sois sans crainte petit troupeau, car votre Père s'est complu à vous donner le Royaume". Si nous estimons que ce que nous vivons dans l'ordre spirituel qui nous attache à ce Royaume est strictement personnel, nous nous trompons, le Royaume ne nous est pas confié, il est confié au petit troupeau, à l'ensemble de la communauté.
Cela signifie pour nous qu'il y a là un critère évident, en quoi le trésor, si trésor spirituel il y a, auquel mon cœur est attaché, est vraiment un trésor communautaire. En quoi sert-il la communauté ? Comment la fait-il grandir ? C'est cela le Royaume de Dieu."Là où est ton trésor, là aussi est ton cœur". Si notre trésor c'est ce Royaume-là, cette Eglise et cette communauté, aimée par Dieu comme un berger aime son petit troupeau, alors on peut estimer effectivement qu'il y a un bien plus grand que ce que nous croyons puisqu'il appartient et profite à tous.
AMEN