SI TU PEUX ?

1 S 18, 25-30 ; Mc 9, 14-29

(20 février 2012)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

Si tu peux ?

F

rères et sœurs, samedi dernier, nous nous interrogions sur un événement similaire à celui qui nous est présenté aujourd'hui. Il s'agit d'un événement qui s'est déroulé dans le temps, ayant une certaine durée. Cela peut nous sembler curieux, car Jésus a imposé les mains sur un aveugle, et l'aveugle lui dit : je commence à voir, les hommes sont comme des arbres qui marchent ! C'est après la deuxième imposition des mains de Jésus que l'aveugle est guéri complètement. Est-ce que la capacité de guérir de Jésus ne serait pas complète ? il doit s'y reprendre à deux fois, et je vous disais que si Jésus accepte cette sorte de difficile gestation de la guérison, c'est pour manifester qu'il se met au rythme de notre propre vie et qu'il n'est pas simplement un météore qui intervient dans notre vie, mais c'est de l'intérieur qu'il nous guérit avec les rythmes qui sont les nôtres.

Aujourd'hui, nous avons de la même manière un retard dans la guérison. Cette fois, le retard n'est pas dû à la volonté du Christ de faire les choses lentement, ce retard tient à la foi du père de l'enfant qu'il s'agit de guérir. Ce père en effet a demandé aux apôtres de guérir son enfant mais ils n'ont pas été capables d'opérer la guérison. Jésus s'exclame que l'engeance est incrédule, que nous manquons de confiance dans l'action du Seigneur et que c'est pour cela que les apôtres ne sont pas capables de guérir. La conversation avec le père continue et finalement, le père dit : "Si tu peux, viens à notre aide par pitié pour nous". C'est une prière que nous prendrions volontiers à notre compte quand dans notre vie nous avons besoin d'implorer la miséricorde et le secours de Dieu : "Si tu peux ?"

Justement, Jésus reprend cette parole :"Si tu peux ? – Tout est possible à celui qui croit". Si tu peux, c'est une réserve, une inquiétude que cela ne soit pas possible, mais Jésus dit que pour celui qui croit tout est possible. Jésus ordonne alors à l'esprit de quitter l'enfant et de ne plus y rentrer. Le père a dit : "Je crois, mais viens au secours de mon peu de foi". C'est ce que nous devrions nous répéter car souvent, nous manquons de confiance en la miséricorde de Dieu, et nous avons besoin que Dieu vienne en aide à notre peu de foi. Nous-mêmes nous hésitons toujours à demander la grâce de Dieu comme si c'était une dérogation à la volonté divine, alors que nous devons nous remettre entièrement entre les mains de la miséricorde de Dieu qui peut tout réaliser si nous le lui demandons.

Croyons à cette force de la miséricorde de Dieu, à cette puissance de Dieu qui a pitié de nous, et qui vient pour nous guérir malgré nos faiblesses, nos fragilités, nos maladies, nos pauvretés.

 

AMEN