GUÉRISON PROGRESSIVE

1 S 18, 6-16 ; Mc 8; 22-26

(17 février 2012)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

Dans la nuit

F

rères et sœurs, étrange miracle que celui qui nous est proposé aujourd'hui : Jésus prend par la main l'aveugle, il le conduit hors du bourg pour qu'il n'y ait pas semble-t-il de témoins, et après avoir craché sur ses yeux, et imposé les mains, l'aveugle commence à voir. C'est la seule fois dans l'évangile où nous ayons de cette manière une sorte de guérison progressive. Il commence à voir et voit les gens comme des arbres qui marchent. Ce n'est pas très clair, cela prouve qu'il a une vue encore insuffisante, et Jésus de nouveau lui impose les mains et cette fois-ci, le miracle réussit, l'aveugle y voit clair nettement.

Tout cela se passe là si nous en sommes au ras des paroles de l'évangile, tout se passe comme si Jésus avait une défaillance dans son pouvoir guérisseur. Il ne réussit pas apparemment le miracle et il est obligé de s'y reprendre à deux fois, c'est surprenant. Nous avons l'habitude de voir les miracles accomplis par le Christ avec une grande aisance de sa part.

Nous pouvons comprendre ce récit un peu étrange, en considérant que les miracles du Christ ne sont pas des événements qui sont plaqués sur le réel de l'extérieur, comme la simple parole du Christ pour enlever les maladies. Nous voyons que Jésus guérit en se mettant au rythme de la guérison du malade. Il ne se contente pas de transformer la cécité en vue, il épouse la démarche de cet aveugle, et avec lui, il s'avance progressivement vers la lumière, non pas par faute de puissance pour accomplir des miracles, mais parce qu'il veut vivre avec nous notre maladie, participer à notre cheminement vers la paix.

C'est vrai aussi bien de notre maladie spirituelle ou mentale que de la maladie physique, le Christ vient nous chercher là où nous sommes et il épouse en quelque sorte, notre condition pour nous en tirer et nous faire parvenir à la lumière.

 

AMEN