LE CRI OUVRE AU PARDON

Dn 9, 20-27 ; Mc 10, 16-52

(18 juin 2010)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

L'humilité de  notre condition humaine …

 

F

rères et sœurs, j'ai proposé à Monseigneur Vitti de vous dire un mot sur l'évangile, mais il m'a répondu qu'il préférait dire quelque chose à la fin. Je veux simplement attirer votre attention sur une toute petite chose, un tout petit détail de cet évangile.

Voir de ses yeux, c'est une grâce. C'est ce que nous explique ce récit du miracle de Jésus guérissant Bartimée. Il n'y a vraiment que la grâce de Dieu qui nous fait voir. Mais pour que le Christ accorde cette grâce à Bartimée, il a fallu quand même une chose, non pas que nos attitudes et nos conditions humaines conditionnent l'action de Dieu, il a fallu que cet homme crie : "Aie pitié de moi". Il a fallu que Bartimée mesure d'abord d'un regard humain la détresse dans laquelle il était. C'est fondamental. Ce qui fait l'éveil de notre cœur à la miséricorde de Dieu, au pardon, à la guérison du cœur, à la grâce, l'arrière-fond de tout cela, c'est d'une certaine manière d'abord la prise de conscience de notre misère.

Vous savez que dans la tradition monastique grecque on a repris les paroles de Bartimée pour en faire ce qu'on appelle "la prière de Jésus". Il y a des moines dans la tradition d'Orient, qui rythment leur respiration et leur vie tout entière simplement en disant sans arrêt : "Seigneur Jésus, Fils de David, prends pitié de moi pécheur". Cela peut paraître de la mécanique, et pourtant, profondément, ce que cela veut dire c'est que c'est cette conscience de notre pauvreté et de notre misère devant Dieu qui est comme la toile de fond de l'action de la grâce de Dieu sur nous.

Que ce petit récit de l'évangile qui est si important nous rappelle ce qui est fondamental de notre part pour que Dieu puisse agir et manifester sa grâce en nous.

 

AMEN