OSER CRIER VERS DIEU

Am 9, 11-15 ; Mc 10, 46-52

(20 juin 2008)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

F

rères et sœurs, la guérison de cet aveugle dont saint Marc prend bien soin de nous donner son nom, Bartimée, est une des guérisons les plus émouvantes de l'évangile et qui a été racontée avec le plus de détails.

Cet aveugle ne voit évidemment pas Jésus arriver, il entend du bruit, la foule qui passe, il s'informe, on lui dit que c'est Jésus. Tout de suite, il crie : "Jésus, Fils de David, aie pitié de moi". On veut lui imposer silence, parce que Jésus est un prophète, parce que la foule est là attentive pour boire ses paroles, parce qu'il fait du bruit, que cela va gêner tout le monde. Ceci nous rappelle ce qui se passe avec la pécheresse chez Simon le pharisien. Il avait invité Jésus pour avoir avec lui une conversation pieuse pendant le repas, et voilà qu'au milieu du repas, cette femme de mauvaise vie entre à grand bruit, elle se jette aux pieds de Jésus, elle casse un flacon de parfum, elle le répand sur ses pieds, les essuie avec ses cheveux. Simon comme les disciples aujourd'hui avec Bartimée, pense que Jésus devrait la faire taire, elle est gênante, nous avions prévu de parler de choses bien plus importantes, mais Jésus n'est pas de cet avis. Pour la pécheresse comme pour Bartimée, ce que Jésus voit c'est l'appel du cœur. Il n'est pas question de bienséance, de respect du prophète, ni de se centrer sur la Parole de Dieu que l'on étudierait avec soin, il s'agit de salut.

Qui a davantage besoin de salut que celui qui crie vers le Sauveur ? Ce qui est remarquable, c'est que Bartimée est rempli d'un tel désir, qu'il appelle de plus belle. Quand on lui dit : "Le maître s'est arrêté et il t'appelle", il bondit vers lui, il lâche son manteau, et quand Jésus lui dit : "Que veux-tu que je te fasse ?" la réponse est évidente, elle est claire : "Rabbouni, que je voie".

C'est la démarche du salut. Il faut crier vers le Seigneur parce que nous avons besoin de lui et si nous ne nous sentons pas aveugles comme Bartimée, si nous ne sentons pas pécheurs comme la pécheresse qui est entrée chez Simon, si nous n'avons pas l'impression d'avoir besoin d'être sauvés, il faut creuser davantage pour découvrir dans notre cœur l'endroit où nous avons besoin de Dieu parce que nous sommes perdus, pécheurs, pauvres et que nous manquons de l'essentiel. Découvrir cela au fond de son cœur, et crier vers Dieu, bondir vers lui pour être illuminés par sa présence.

 

AMEN