PLEINEMENT DIEU ET HOMME
Os 3, 1-5 ; Mc 5, 21-43
(16 mai 2008)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL
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rères et sœurs, deux miracles dans cette page d'évangile, la résurrection de la fille de Jaïre, dont Jésus dit qu'elle n'est pas morte, qu'elle dort, et il la prend par la main pour la relever. En chemin, tandis qu'il se rend à la maison de Jaïre, cet étrange miracle d'une femme atteinte d'un flux de sang et que Jésus guérit sans le savoir. Elle vient par derrière, et elle se dit : si au moins, je touche ses vêtements, je serai guérie, Jésus ne le sait pas et elle est guérie. Non seulement, le miracle s'est opéré sans que Jésus en ait la volonté délibérée, mais encore, il y a une chose extrêmement curieuse, c'est que quand elle touche Jésus et son manteau, il a conscience nous dit l'évangile, d'une force qui est sortie de lui. C'est pour cela que se retournant dans la foule, il demande qui l'a touché. Les disciples avec bon sens lui disent : "la foule est nombreuse et te presse de toutes parts, comment peux-tu demander qui m'a touché ?" Lui, sait très bien qu'il s'est passé quelque chose d'extraordinaire.
Jésus ici, ne guérit pas par un acte de volonté délibéré il guérit par sa simple présence, par le simple fait que son corps est entré en contact avec le corps de cette femme, et c'est comme si une force était sortie de lui, et Jésus semble avoir conscience de cette force qui passe de lui dans cette femme malade. C'est très intéressant, parce que cela nous montre que les guérisons opérées par le Christ ne sont pas seulement des actes de sa volonté délibérée, mais ils prennent spontanément naissance dans tout son être, y compris son corps humain. L'Incarnation du Christ dans une nature humaine n'est jamais si bien décrite que dans ce texte, puisque la force divine qui guérit passe par son corps au point que Jésus a conscience du transit de cette force à travers sa chair.
C'est dire qu'en Jésus la nature humaine et la nature divine sont si étroitement liées, si intimement unies, que la puissance de guérison qui vient de sa nature divine passe non seulement par les mains de Jésus, par les paroles qu'il prononce, mais encore par le simple contact avec son corps. Ce réalisme de la force guérissante qui traverse Jésus est tout à fait remarquable et cela nous montre à quel point il investit les moindres parcelles de son humanité, sa chair humaine, puisque le simple contact avec son corps suffit à guérir.
Que notre foi dans la divinité et l'humanité du Christ soit très forte, que nous comprenions à travers ce texte que Jésus pleinement Dieu est aussi pleinement homme et que tous les actes humains et même les actes inconscients de la part de Jésus sont remplis de la plénitude de sa divinité.
AMEN