LE CHRIST RESSSUCITÉ, SOURCE DE TOUTE VIE
Gn 45, 21-38 ; Mc 4, 35-41
(6 février 2006)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL
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rères et sœurs, cette page d’évangile au sens le plus obvie nous montre le Christ dans une prérogative divine comme le maître du cosmos, de l’univers, à lui obéissent le vent, la mer, les vagues. Il est donc le créateur de cet univers, et c’est lui qui le gouverne. C’est un sens évident, celui que les disciples eux-mêmes ont perçu au moment de l’événement.
En même temps, une tradition qui traverse l’histoire de l’Église a comparé cette barque dans laquelle se trouvent le Christ et ses disciples, avec la barque de l’Église qui est sur la mer de ce monde, quelquefois démontée, quelquefois menacée, persécutions, incrédulité, péchés du monde, et cette tradition nous invite à avoir foi dans le Christ, même quand Il semble absent, même quand il nous semble que nous sommes livrés pieds et poings liés à toutes les forces hostiles. C’est ce qu’ont vécu les martyrs du Japon, comme tant de martyrs à travers l’histoire. Jésus nous invite au-delà de ces apparences d’un danger mortel qui menace, Jésus nous invite à la foi, la barque de l’Église ne sera pas engloutie par les flots hostiles du monde.
Peut-être pouvons-nous creuser un peu davantage cette symbolique, et voir la source de cette foi, la source de cette assurance de l’Église malgré les apparences contraires, car finalement toute l’histoire de l’Église est l’histoire d’une longue difficulté à la foi, pour se faire entendre. Quelle est la base, la source de cette confiance qui a habité le cœur des martyrs et qui peut et doit habiter notre propre cœur, en face d’une histoire souvent difficile à traverser et dans laquelle l’Église semble bien être le jouet, souvent de forces diverses et contraires. Quelle est la source ?
La source, c’est le fait que le Christ endormi dans le sommeil de la mort, le Christ qui s’est endormi sur la croix, s’est dressé, s’est relevé, est ressuscité. La Résurrection du Christ est le principe de notre foi et de notre confiance, plus que tout événement de l’histoire le moment de la croix est apparemment, au niveau de ce que nous voyons de nos yeux, une défaite. Aucun événement de l’histoire de l’Église ne nous situe plus bas dans la certitude d’une victoire, qu’au moment où le Christ venu nous sauver, meurt sur la croix. La mort de Dieu, c’est la catastrophe la plus absolue qui puisse nous arriver, et c’est cela que Jésus a accepté, voulu subir et traverser. Mais de cette mort, il se relève, vivant, parce que la vie profonde, cette vie qu’il porte en lui-même et dont Il est la source, cette vie qui est son amour incandescent pour le monde, cette vie qu’Il nous a communiqué en créant le monde, Il nous la communique à nouveau en se relevant de la mort. L’amour du Christ est plus fort que la mort : c’est cela la résurrection. Nous croyons à la résurrection. C’est-à-dire que nous croyons à cette vigueur du Christ à laquelle rien ne peut s’opposer, ni le vent, ni la mer, ni la tempête, ni la mort.
Non seulement dans ce miracle, nous voyons le Christ apparemment démuni, endormi, inactif, comme il était au moment de sa mort sur la croix, et nous voyons le Christ se redresser pour commander à l’univers tout entier, et en particulier à la mort. Mais il y a aussi cette phrase qui est énigmatique et qui peut nous aider à aller dans le sens que je vous propose, quand Jésus dit à ses disciples : "Passons sur l’autre rive". Il s’agit bien d’un exode, d’un voyage, d’un départ pour aller de ce monde vers une autre rive, un autre rivage, vers un autre monde, le monde de la résurrection précisément. Jésus invite ses disciples à travers cette tempête et à travers l’apaisement de cette tempête, à travers la mort et la victoire de la vie sur la mort, Il nous invite à passer du monde de notre expérience, de ce monde des apparences où il semble que la force soit toujours victorieuse, où il semble que le mal triomphe où il semble que la mort est inéluctable, Jésus nous invite à passer de ce rivage du monde, vers un autre rivage qui est celui de ce monde aussi, mais de ce monde transfiguré de l’intérieur par la force de sa résurrection.
Frères et sœurs, renouvelons dans notre cœur, cette foi en la vie du Christ ressuscité qui est plus forte que toutes les apparences du mal et de la mort qui nous entourent et qui, quelquefois, pourraient nous faire perdre pied, mais nous devons grâce à notre foi en Jésus ressuscité, être vainqueurs.
AMEN