STÉRILITÉ ET IMPOSTURE
Jl 4,15-17 ; Mc 11, 11-25
(25 juin 2002)
Homélie du Frère Jean-François NOEL
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e contre quoi Dieu ne peut rien, ou identification de la résistance maximale de l'homme vis-à-vis de Dieu : la stérilité. Ces deux extraits de l'évangile qui manifestent la colère de Jésus, ou la malédiction de Jésus, c'est peut-être la seule fois que Jésus maudit dans l'évangile. Jésus maudit ce figuier qui devrait donner du fruit, et qui n'en donne pas. Il condamne et renvoie au shéol, au néant, celui qui n'est pas à la hauteur de la fécondité qui devrait être la sienne. Cette malédiction qui est forte, ce doigt de Dieu qui vient faire mourir le figuier, ne vient pas parce que le figuier est pécheur, il est stérile. La stérilité est une forme presque cachée du péché. Nous, nous avons une option de nos péchés parce que nous tenons compte de ce qui nous culpabilise ou de ce qui nous fait mal, ou de ce qui fait mal aux autres quand nous en avons conscience. Mais notre conscience de la stérilité est une conscience stérilisée. C'est-à-dire qu'au fond, Dieu nous demande davantage de rendre notre vie féconde, plutôt que d'éviter les péchés. Il y a une façon d'éviter les péchés qui est justement comme les auto-cuiseurs qui peuvent stériliser à l'intérieur toute notre vie. Il y a une invitation au risque qui est, à mon avis, la trame de l'évangile, et qui est une des explications possibles de cette malédiction qui m'a toujours beaucoup étonné. L'audacieux qui dit à la montagne, jette-toi dans la mer et qui y croit, peut donc prendre tous les risques possibles, celui-là est du côté de l'évangile.
Reste la seconde colère vis-à-vis des marchands dans le temple : c'est l'imposture. La première colère, c'est la stérilité, la deuxième c'est l'imposture. Dieu fustige non seulement ceux qui sont stériles, ceux qui ne donnent pas une fécondité à la vie qu'on leur a donné, qui n'inventent pas la vie qui va avec l'évangile, mais aussi Il fustige les imposteurs, ceux qui profitent aux parvis du temple et de l'Eglise, ce que l'Eglise a à offrir pour faire leur petit commerce personnel. C'est la condamnation de ce petit commerce personnel qui est un avatar de la religion. Au fond, est-ce que je ne paie pas une partie de mon paradis en venant auprès de Dieu, en me garantissant une certaine vie spirituelle ? Est-ce que ma vie religieuse m'expose à la mission, ou est-ce qu'elle conforte mes peurs intérieures ?
AMEN