LA MULTIPLICATION DES PAINS
Dan. 3, 1-6 ; Mc 8, 1-10
Samedi 28 Mai 2016 – 8ème semaine du temps ordinaire
Homélie du frère Daniel Bourgeois
Si tu as bien entendu l’évangile d’aujourd’hui, ça ne se passait pas du tout comme ça à l’époque du Christ. En effet, à l’époque de Jésus, on mangeait à peu près tous les jours, mais il n’y avait pas toujours un frigo plein. D’ailleurs, il n’y avait pas de frigo. En plus, il n’y avait pas toujours tous les gens autour dans de petites échoppes, des Macdo etc, pour servir les plats quand on voulait. Ce n’était pas comme aujourd’hui où quand on se balade cours Mirabeau, on n’a que l’embarras du choix.
Or, ce jour-là, les gens étaient tellement éblouis par la parole de Jésus qu’ils l’avaient suivi pendant pratiquement trois jours dans un endroit où non seulement il n’y avait ni maison ni rien, c’était le désert. Ils se sont retrouvés à quatre mille, c’est ce qu’on nous dit, autour de Jésus, et c’est à ce moment-là que Jésus dit aux disciples : Est-ce que vous vous rendez compte ? Ca fait quand même un bon moment qu’ils nous suivent, peut-être que quelques uns avaient emporté du pain dans leur musette, mais la plupart n’avaient rien. Et, c’est le moment que Jésus a choisi pour montrer qui il était.
En effet, comme on a l’air de le dire, les disciples lui disent "Le mieux, c’est que tu les renvoies parce qu’on ne peut pas s’occuper d’eux. Sinon, ça va bientôt être la révolution". C’est pire que la crise du pétrole dans ces cas-là. Et Jésus dit "Est-ce qu’il y a quelqu’un qui a quelque chose à manger ?" Là quelqu’un qui avait fait des réserves, peut-être un peu plus astucieux que les autres, avait quelques pains. Et il a accepté de donner ses quelques pains à Jésus. C’est très important : si cette personne n’avait rien dit et avait gardé les pains pour lui et les avait mangés tout seul, il n’y aurait rien eu. Jésus prend les pains que la personne a donnés et mis à disposition de tout le monde. Et parce qu’il a ce pouvoir que nous n’avons pas, il a multiplié les pains pour quatre mille personnes. On nous dit qu’il a fait la même chose pour les poissons. Je ne sais pas comment il les ont cuits, mais c’est un autre détail.
Donc, tu vois le miracle. Jésus voit la misère des gens, il sait très bien qu’ils ne mangent pas tous les jours à leur faim. Mais en même temps, il voit dans le cœur de ces gens le désir d’être avec lui, d’écouter sa parole, de le suivre et de bénéficier de son amour et de son amitié. Et ces gens sont tellement passionnés qu’ils ne s’aperçoivent pas qu’ils vont se retrouver tous affamés. A ce moment-là, quelqu’un, à la demande de Jésus, dit "Voilà, j’ai sept pains et je les donne". C’est magnifique. Je ne sais pas ce qu’il imaginait, ni ce qu’il pensait, mais il a dit "On me les demande, je les donne". Jésus est ému par ce geste tout simple et dit que ce ne sont plus sept pains mais autant qu’il en faut pour nourrir quatre mille personnes.
C’est magnifique qu’on ait aujourd’hui cet évangile pour ta première communion. Parce que ta première communion, c’est ces trois choses là :
- la première chose, c’est que tu es appelée à suivre Jésus. Pas dans le désert, mais dans la vie courante, en famille, à la NAT, avec tous ceux que tu aimes. Gardes dans ton cœur le désir d’écouter et de suivre sa parole. Comme ces gens l’avaient suivi pendant trois jours, sans manger.
- la deuxième chose, si Jésus te demande quelque chose, même si ça te coûte un peu, ne calcule pas. Dis au Christ "Si tu me le demandes, j’y vais. S’il faut que je m’occupe d’une amie en classe qui n’a pas le moral et qu’il faut que je sois là pour le ou la consoler, j’y vais". Ce sont généralement des petites choses, mais c’est très important.
- la troisième chose, c’est de savoir que si toi-même tu es pleine de confiance dans le Christ, dans Jésus, à ce moment-là, il te donnera non plus le pain qu’il multiplie, mais ce pain que tu vas recevoir et qui est encore plus grand. Parce que ce pain-là, c’est sa vie. C’est pour ça qu’on est tous rassemblés autour de toi aujourd’hui. Nous tous qui sommes ici, nous croyons que pour que tu grandisses encore plus dans ton cœur, dans ta vie, dans ton esprit, tu as besoin de ce pain qui va te faire grandir dans l’amour de Dieu.
Alors Camille, je te souhaite une bonne route, un bon suivi de la parole de Dieu, beaucoup de générosité dans ton cœur, et de savoir partager ce bonheur que tu as aujourd’hui de recevoir dans ton cœur le pain de Dieu pour pouvoir partager avec tous tes frères, avec tous ceux que tu aimes et que parfois tu aimes moins, la joie et le bonheur de Dieu. Amen.