L'ANTIPATHIE

Rm 6, 2-6 ; Mt 11, 16-24

(12 août 2013)

Homélie du Père Jean-Noël N'Tcha

N'y a-t-il que des épines ?

F

rères et sœurs, Vous connaissez tous l'adage populaire qui dit : "qui veut tuer son chien l'accuse de rage !" Cela résume l'évangile que nous venons d'entendre. Jésus en a fait l'expérience. Jean-Baptiste est venu, très austère, il ne mangeait ni ne buvait, et les gens l'ont taxé de possédé de l'esprit mauvais.

Jésus vient, celui pour qui Jean-Baptiste avait préparé le chemin, il vient et se fait tout à tous. Il est à l'aise aussi bien avec le riche qu'avec le pauvre, avec le juste comme avec le pécheur, et on dit que celui-là ce n'est pas le Fils de Dieu, c'est un glouton parce qu'il mange et il boit, c'est un ivrogne. Tout simplement parce qu'ils cherchaient la petite bête pour l'accuser et comme on dit en Afrique : ils cherchaient des poils sur les œufs !

"Quand on veut tuer son chien, on l'accuse de rage". Voilà un adage qui se pratique encore maintenant et qui existera toujours tant que l'homme sera sur la terre. Cela peut expliquer un peu ce sentiment qu'on appelle l'antipathie. La personne ne m'a rien fait, mais elle ne me plaît pas. Souvenons-nous de cet adage et rectifions le tir car nos œuvres seront nos propres juges. Ce sont nos actes qui vont nous juger. Vous l'avez entendu dans l'évangile. Si nous faisons attention à toutes les marques d'affection, d'amour dont nous sommes les bénéficiaires de la part de Dieu, alors soyons les porteurs, les canaux qui laissent véhiculer ce que nous avons reçu. Jésus a beau chanter, on ne danse pas. On entend, mais on n'écoute pas la mélodie … et notre vie chrétienne reste stérile.

Demandons au Seigneur la grâce de cette disponibilité qui accueille et qui transmet. Les détracteurs de Jésus n'ont pas voulu écouter, accueillir, et quand on se laisse envahir par les préjugés, on ne peut plus écouter. On a des idées préconçues sur telle ou telle personne elle devient d'office, mauvaise. Quel que soit ce qu'elle a de positif à nous apporter, nous l'avons classée dans des fichiers bien définis. L'antipathie ne s'explique pas. Comme les pharisiens ne pouvaient pas justement expliquer de façon raisonnable pourquoi ils tenaient tellement à éliminer Jésus.

Que la grâce de cette eucharistie nous aide à passer au-dessus de notre faiblesse qui nous empêche d'être à l'écoute de l'autre. Faiblesse à accepter l'autre … et n'oublions pas cet adage que nous connaissons déjà : "qui veut noyer son chien l'accuse de rage". Si l'on accusait de rage tous ceux que nous n'aimons pas au jour du jugement, nous passerons du côté des chèvres !

 

AMEN