LE PARDON

Sg 8, 17-21 ; Mt 5, 20-26

(4 juillet 201)

Homélie du Père Jean-Noël N'TCHA

Un pardon à donner, à recevoir, mais aussi à demander !

F

rères et sœurs, ce passage de l'évangile selon saint Matthieu que nous venons d'écouter nous présente une situation faite de rupture et de dépassement. Elle nous révèle la radicalité et la nouveauté du message apporté par Jésus. Il a été dit aux anciens et moi je vous dis. Une rupture radicale. En effet Jésus, loin de nous inviter à une sorte d'injustice ou d'une justice désordonnée nous convie à une justice nouvelle qui ouvre le Royaume des cieux.

La justice au-delà du temps va jusqu'au pardon, à la miséricorde, et sainte Thérèse de Lisieux en expliquant à ses sœurs l'importance qu'avait pour elle la miséricorde du Seigneur s'est vue reprocher d'oublier l'importance de la justice divine, un peu à l'image de celle de l'Ancien Testament. Elle leur répond qu'on obtient de Dieu ce qu'on attend de lui si vous attendez de Dieu la justice, vous l'aurez. Mais si vous espérez la miséricorde, c'est ce que vous recevrez.

Qu'attendons-nous de Dieu ? Dieu est-il pour nous plein de miséricorde ? ou bien est-il un juge implacable et sans pitié ? De cela dépend notre attitude envers les autres. Si pour nous Dieu est plein de miséricorde, comment ne pourrions-nous pas nous aussi pardonner à nos frères et sœurs ? Mais si nous avons tendance à juger facilement les autres, peut-être que notre vision de Dieu ne laisse-t-elle pas assez de place à la miséricorde ? Voilà l'invitation que Dieu nous lance aujourd'hui et elle est d'autant plus incisive que si avant d'aller présenter ton offrande tu te souviens que tu as un grief contre ton frère, laisse là l'offrande et va d'abord te réconcilier.

Que cette eucharistie nous obtienne la grâce du pardon, le pardon à accorder et le pardon à recevoir.

 

AMEN