QU'AS-TU FAIT DE TON FRÈRE ?
1 Co 15, 50-57 ; Mt 18, 12-20
(16 août 2011)
Homélie du Frère Jean-Noël N'TCHA

Tendre la main …
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rères et sœurs, nous venons d'écouter un passage de l'évangile de saint Matthieu qu'on pourrait subdiviser en trois parties. Le premier passage c'est la brebis égarée, la deuxième, la correction fraternelle et le troisième passage c'est bien sûr la communion priante. Les deux extrêmes, la brebis égarée et la communion priante viennent étayer davantage, donner consistance et force à la correction fraternelle.
Jésus nous propose une démarche en trois étapes une démarche logique pour ramener un frère ou une sœur à la raison. "Si ton frère vient à pécher, appelle-le seul à seul avec lui ". Essaie de lui faire voir son erreur. S'il refuse, appelle un ou deux autres frères pour être témoins. S'il s'entête, appelle la communauté". C'est une démarche graduée dans le processus de récupération d'un pécheur qui s'entête. Depuis des siècles, dans les communautés religieuses, c'était l'inverse, quand un frère venait à pécher, c'était d'abord la communauté et ensuite le contact personnel qui intervenait. Mais très vite, ils se sont rendu compte que c'était une erreur, que c'était anti-évangélique.
Le face à face entre frères, c'est le dialogue. Jésus privilégie le dialogue entre frères, dialogue entre époux, dialogue entre frères et sœurs? Il faut reconnaître que ce dialogue est exigeant car ce n'est pas facile de faire savoir à l'autre qu'il a tort ou d'accepter son tort. C'est très difficile, c'est un dialogue exigeant qu'il faudrait bien sûr et avant tout préparer dans la prière ! Dans la prière … voilà pourquoi je disais que les deux extrêmes des trois thèmes traités ce jour viennent contribuer à la compréhension du deuxième. C'est dans la prière qu'il faut d'abord préparer ce dialogue parce que la tentation est grande et inhérente à la condition humaine qui est de vouloir trouver toujours le tort chez l'autre. Or, dans le processus de réconciliation, c'est vrai qu'il faut reconnaître la vérité, mais jamais dire que c'est l'autre qui a tort, et tant que tu n'accepteras pas que tu as tort, il n'y a pas de réconciliation possible. Il faut viser l'objectif qui est la communion. La réparation certes, mais d'abord la communion, le repentir.
Frères et sœurs, c'est difficile de le réaliser. Jésus dit : si un frère vient à pécher, pas contre toi, mais contre n'importe qui, tu as le droit de l'interpeller. Et j'imagine que cette attitude est presque impossible dans notre société ou chacun veut avoir son espace de liberté, sa vie privée et bien souvent on entend ces expressions : mêle-toi de ce qui te regarde ! de qui te mêles-tu ? ce n'est pas ton affaire ! Cela pour dire que ce que je fais, que ce soit mal ou bien, ce n'est pas ton affaire ! continue ta route. Voilà un peu la philosophie de notre monde actuel. Mais justement, c'est une mauvaise philosophie et il faudrait la rectifier parce que nous sommes tous responsables les uns des autres.
Demandons au Seigneur la grâce, le courage et l'audace de pouvoir dans un élan d'amour aider l'un ou l'autre de nos frères qui s'enliserait dans le péché, dans les errances au risque de nous entendre demander "Qu'as-tu fait de ton frère ?" Qu'as-tu fait de ton frère quand il se perdait ? Que l'Esprit Saint nous éclaire toujours dans cette démarche de réconciliation, dans cette démarche de conversion de nos frères, de nos sœurs.
AMEN