QUEL ARBRE-ES-TU ?
1 Co 15, 12-20 ; Mt 12, 13-37
(3 août 2011)
Homélie du Frère Jean-Noël N'TCHA

Les bons fruits
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rères et sœurs, Nous venons d'entendre un passage de l'évangile de saint Matthieu qui devait s'adresser aux adversaires déclarés de Jésus, les pharisiens, les docteurs de la Loi, ceux-là qui prétendaient détenir tout le savoir, mais en fait, ils ne touchaient pas du doigt tout ce qu'ils demandaient aux autres. Ce passage se situe juste après le texte où l'on accuse Jésus et où on le qualifie de Béelzéboul. Ce sont les pharisiens qui font le discernement et qui trouvent que tout ce que Jésus accomplit vient de Béelzéboul. Cela explique la véhémence verbale de Jésus dans ce passage, "engeance de vipères" ! Et le critère de discernement qu'il nous propose aujourd'hui, il est vrai appliqué aux pharisiens, aujourd'hui, il s'applique à nous, pour apprécier, évaluer le degré de notre relation à Dieu.
Il est courant d'entendre aujourd'hui ici comme ailleurs, des gens qui disent : moi je ne vais pas à l'église, mais à la maison je prie, car dans l'évangile il et dit que les vrais adorateurs ce sont ceux qui adorent en esprit et en vérité. Donc, ce n'est pas la peine que j'aille dans une église pour faire peut-être la grimace. Voilà des propos que nous entendons régulièrement. Ils ont peut-être raison d'adorer Dieu en esprit et en vérité dans leur maison, mais l'évangile dit aussi on appréciera l'arbre à son fruit. Il faut manifester ce que l'on vit à l'intérieur.
Je crois que ce passage est d'autant plus important pour nous aujourd'hui, je ne sais pas si vous avez des marchands de religions ici. Il y a beaucoup de sectes qui se croient investis de révélations authentiques, ce que Jésus appelait les faux prophètes. Ils prétendent détenir la vraie religion, méfions-nous. Soyons très attentifs aux apparences, à la mirobolance, c'est-à-dire à l'aspect magnifique, séduisant par la parole, du paraître, car l'extérieur ne dit pas toujours ce qu'il y a à l'intérieur. Vous le savez bien, quand on fait l'emballage d'un cadeau, ce n'est pas forcément la marque qui paraît sur le carton, et qui est en conformité avec le cadeau qui est à l'intérieur. Méfions-nous des apparences.
Nous pouvons nous l'appliquer aussi à nous-mêmes ce passage de l'évangile et apprécier le degré de notre vie chrétienne. Sommes-nous de bons arbres qui produisent de bons fruits ? Est-ce que les gens ont du plaisir à venir s'abriter sous notre arbre de chrétien ? Est-ce que les gens en venant nous voir sont soulagés ? Voilà autant de critères de discernement pour remettre aussi en cause notre vie chrétienne car c'est plus facile d'accuser toujours l'autre, ah oui, il n'est pas chrétien, il fait ceci et cela … donc, il est un mauvais arbre. Non, ce passage nous pouvons nous l'appliquer dans notre propre vie. Nous pouvons passer cette journée ici, en célébrant l'eucharistie un peu à l'orientale, pendant des heures et des heures, si à la sortie de cette eucharistie nous témoignons autre chose.
Rappelons-nous de ce passage, parce que toutes nos pratiques religieuses, toutes nos pratiques liturgiques doivent s'extérioriser, s'exprimer dans le vécu quotidien. Et comment. Vous le savez, par une vie fraternelle, simple, sans complications. Demandons au Seigneur la grâce, parce que c'est très facile de passer pour un faux prophète, surtout quand cela nous arrange de dire des contrevérités mais au fond de notre conscience, on en est gêné. Nous passons là pour de faux prophètes et nous produisons de mauvais fruits. Or, nous sommes des sarments d'une vigne qui n'est pas notre propriété, le propriétaire en est Dieu et nous devons produire de bons fruits pour témoigner de la bonté de ce Dieu-là. Que sa grâce nous aide et nous accompagne toujours car nous sommes fragiles.
AMEN