ACCUEILLIR LA GRÂCE
1 Co 12, 12-21 ; Mt 9, 27-38
(18 juillet 2011)
Homélie du Frère Jean-Noël N'Tcha

Fais que je voie !
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rères et sœurs, si nous étions dans un contexte scolaire, et que je demande aux élèves de donner un titre à cette péricope de l'évangile de saint Matthieu, je pourrais lire : les miracles de Jésus, la souffrance ou la misère des hommes, le cœur miséricordieux de Jésus, la foi, etc … Il est question des miracles, de la miséricorde de Jésus, de la souffrance humaine. Et si je leur demandais de développer un titre, je suis persuadé que le titre choisi le plus souvent, serait : les miracles de Jésus. Qui parle de miracle, sous entend les souffrances humaines. Oui, chacun de nous attend un miracle dans sa vie parce que tiraillé et tourmenté par toutes sortes de souffrances d'ordre moral, matériel, financier, spirituel, et physique. Et toutes ces préoccupations actuelles ne datent pas d'aujourd'hui.
A ce propos l'évangile de ce jour nous en dit long. Deux aveugles prennent l'initiative et implorent la grâce divine, ils veulent retrouver la vue. Que faire ? La solution, c'est Jésus de la descendance de David, c'est lui le Messie, lui le libérateur du peuple d'Israël et partant de l'humanité entière. Nous avons là de la part des aveugles une attitude exemplaire, un enseignement extraordinaire, l'attitude de réceptivité et d'accueil de la grâce divine. Dieu a déjà tout donné à l'homme, il ne reste que l'engagement de ce dernier pour entrer dans la logique de bonheur que Dieu a déjà établi et lui propose. Et la seule manière d'entrer dans cette logique et de répondre à cet appel c'est bien sûr par la foi. Une foi agissante, à l'instar de celle des aveugles : tout est possible à celui qui croit dira Marc.
La foi est personnelle : "ta foi t'a sauvé" dira Jésus dans d'autres passages de l'évangile. Mais il y a des chrétiens qui se laissent décourager par la foi des autres, et on entend souvent des propos comme ceux-ci : ah ! cette personne avec tout ce qu'elle fait comme mal, elle vient à l'église, à cause d'elle, je ne viendrai pas. Parce que telle personne se comporte mal et elle va à l'église, moi qui m'estime un peu meilleur, je n'irai pas. Un peu comme par conformité à un verset qui dit : pas de pécheur au rassemblement des justes ! Mais la foi est personnelle.
La foi c'est l'arme du chrétien, elle doit être d'abord personnelle avant d'être communautaire. Si nous avons à répondre à cet appel de Dieu, c'est par notre foi et alors, nous pourrions être soulagés de nos cécités et de nos misères en tout genre.
Un autre point qui a frappé mon attention c'est l'attitude un peu désobéissante des aveugles à l'injonction de Jésus. "Prenez garde, que personne ne le sache. Mais eux, étant sortis, répandirent sa renommée dans toute cette contrée". C'est une attitude désobéissante mais heureuse. Cette attitude des aveugles nous dit tout simplement que le bien ne peut pas être occulté et caché. Cette attitude traduit un autre passage de l'évangile qui dit que la lampe n'est pas faite pour être mise sous le boisseau, mais sur un piédestal, pour éclairer. Le bien se diffuse, on ne peut pas accomplir un bien et le cacher. Il finira un jour par se faire voir et se révéler.
Et je finis ici en nous exhortant à œuvrer pour le bien sans nous préoccuper des conséquences de ce bien. C'est quand on fait le mal qu'on doit s'en inquiéter parce qu'il finira par nous rattraper malheureusement. Que Dieu nous écoute et nous aide à répondre chaque jour à cet appel, à cette main tendue qu'il nous offre, et alors nous pourrons être soulagés de toutes nos souffrances.
AMEN