DIEU SEUL EST LA SOURCE DU PARDON

Jb 27, 1-12 ; Mt 16, 1-12

(6 septembre 2010)

Homélie du Frère Christophe LEBLANC

Comme un torrent débordant …

 

F

rères et sœurs, dans cet évangile que nous venons d'entendre il est question d'usure. Une double usure, à savoir l'argent qui a été prêté et qui doit être remboursé, mais il s'agit plus particulièrement tout au début de l'évangile dans la question que saint Pierre pose à Jésus, d'une autre usure, l'usure de notre pardon.

En fait, très souvent pour nous, le pardon consiste à pardonner jusqu'à une certaine limite, en espérant d'ailleurs que l'autre change. Par conséquent le pardon est mesuré non pas à partir du début de la relation, mais à partir presque de son terme. Jusqu'où dois-je aller ? Jusqu'où puis-je aller pour pardonner. Et saint Pierre, comme d'habitude, le premier de la classe croit répondre à la question qu'il a posée à Jésus en disant : sept fois ! Sept fois, c'est la totalité, c'est toujours. Jésus ne peut pas s'empêcher de lui dire : non, soixante dix-sept fois sept fois, c'est-à-dire toujours de toujours et de toujours. C'est la première chose.

La deuxième chose, c'est que nous sommes usés parce que bien souvent, nous considérons que le pardon c'est de prendre sur soi parce que nous essayons de porter à bout de bras un pardon, un relation qui s'effiloche, en nous disant : je vais essayer de faire en sorte que ça continue à marcher et qu'il y ait toujours une relation, un fil, même ténu, entre moi et l'autre personne. La parabole que nous donne Jésus nous rappelle quelque chose de tellement fondamental qu'on l'oublie, c'est que nous ne pouvons pas pardonner par nous-même.

Le pardon est plus grand que nous, le pardon c'est imiter le Christ et c'est plus que cela. C'est imiter le Christ et c'est ce que dit en quelque sorte la fin de la parabole, quand Jésus rappelle que le problème de la deuxième personne dans la parabole, c'est qu'il na pas su faire ce qu'on lui a fait. Et nous sommes donc invités à imiter le pardon de Dieu.

Mais là aussi, si nous croyons que nous ne pouvons qu'imiter le pardon de Dieu, avec simplement nos propres forces, on n'ira pas loin non plus. Ce qui est très important à découvrir c'est que le pardon ne se nourrit pas du terme, cela ne marche pas parce qu'au bout d'un moment, on lâche. Le pardon se nourrit de cette source que nous avons nous-même reçue et que nous sommes appelés à donner sans compter aux autres.

Autrement dit, soyez imitateurs du pardon de Dieu, oui, mais pas sur nos propres forces mais sur ce pardon même que nous avons reçu de Dieu. Et là, c'est tout autre chose. Car enfin, ce que nous sommes appelés à faire, c'est d'ouvrir notre cœur comme une source d'eau vive pour nos frères et sœurs. Cette source d'eau vive ne vient pas de notre propre trésor, ou de nos propres capacités, nous en sommes incapables; Ce que nous avons à ouvrir dans notre cœur, c'est un passage de la source vive du pardon de Dieu de l'autre côté de notre cœur pour que ce pardon puisse venir aussi inonder ceux qui sont autour de nous.

Frères et sœurs, oui nous ne sommes pas la source. Nous essayons malgré tout de faire en sorte d'être à l'origine et les promoteurs du pardon, mais cela ne marche pas. En fait, la chose la plus belle, la plus simple et en même temps la plus difficile, c'est que Dieu nous invite à faire profiter nos frères et nos sœurs de ce pardon immense qu'il ne cesse de renouveler pour chacun d'entre nous.

 

 

AMEN