L'ANNONCE DU ROYAUME
Sg 19, 6-9+22 ; Mt 8, 5-17
(14 juillet 2007)
Homélie du Frère Bernard MAITTE
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es trois miracles que nous avons entendu dans la lecture de l'évangile font partie d'un ensemble qui inaugure la prédication de Jésus sur le Royaume des cieux. Suivra ensuite la mission des apôtres, qui proclameront aussi le Royaume, et guériront les malades, purifieront les lépreux, et expulseront les démons. Jésus est celui qui guérit de la maladie, de la mort, du péché.
Tout cet ensemble est là pour manifester que c'est le Christ qui donne le salut, que le miracle ne peut être reçu que comme un signe en rapport avec la foi. Jésus ne fait pas des miracles pour susciter la foi, mais pour annoncer la proximité du Royaume. On ne peut pas séparer ceux qui auraient la foi, d'autres qui recevraient un miracle, et celui qui les accomplit. La lecture ne peut être qu'en regard par rapport au signe qui fortifie la foi.
Dans la guérison du serviteur du centurion, nous avons gardé la parole avant la communion : "Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri". C'est une parole évangélique qui souligne la foi de cet homme, et donc le chemin du salut. Il ne passera plus par l'appartenance à un peuple choisi, des préceptes, mais bien par ceux qui se reconnaîtront dans la foi. Et le Christ dit : "Beaucoup viendront du Levant et du Couchant prendre place au festin d'Abraham, Isaac et Jacob dans le Royaume des cieux". C'est l'ouverture à l'universalité qui est soulignée dans l'évangile de Matthieu. Le signe posé par Dieu nous appelle à un acte de foi, mais c'est toujours une ouverture à l'universalité, et donc à l'annonce de l'ère messianique.
Le miracle qui suit est très discret, il nous dit la tendresse et la proximité de Jésus, il touche la main de la belle-mère de Pierre, et elle se lève pour les servir. Les guérisons multiples rapportent comment Jésus chasse les démons, et saint Matthieu souligne l'oracle du prophète Isaïe qui dit : "Il a pris nos infirmités et s'est chargé de nos maladies". C'est la compassion du Christ et la véritable annonce du Royaume. Le véritable miracle c'est celui de ce Dieu qui accepte la condition de l'homme jusqu'au bout, portant nos souffrances, nos maladies, notre péché, et qui à l'intérieur de cette réalité humaine va y inscrire la musique divine de la résurrection.
Nous en vivons aujourd'hui, et toute célébration de l'eucharistie, toute célébration liturgique ou sacramentelle sont ces signes continués pour que notre vie quotidienne soit vraiment transformée. Le sacrement de la réconciliation guérit notre péché, les liturgies catéchuménales chassent le démon, le baptême nous fait entrer dans la résurrection. Il nous faut en avoir conscience pour que notre foi soit fortifiée par les sacrements et qu'elle suscite ces signes, que nous nous reconnaissions sauvés.
AMEN