DIEU VIENT AUJOURD’HUI DANS LES PETITES CHOSES QUOTIDIENNES
Ap 22,16-17+20-21 ; Mt 25, 31-46
(27 novembre 2004)
Homélie du Frère Christophe LEBLANC
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ous pourrions êtres saisis par le découragement à l’écoute de cet évangile, de ce que la Bible de Jérusalem met en sous-titre : le jugement dernier. Nous pourrions être découragés parce que ce jugement dernier se présente comme si Dieu était celui qui à chaque instant nous testait, nous regardait, nous surveillait, mettant des cailloux sur notre chemin pour voir la manière dont nous allons évoluer, comme s’il était caché derrière quelqu’un d’assoiffé en se disant, je vais voir comment telle ou telle personne va réagir.
Nous pourrions aussi être découragés parce que même si nous pourrions nous reconnaître dans certains actes de charité qui sont décrits dans l’évangile, nous savons très bien que nous nous laissons toujours déborder à la fois par notre propre péché, par le fait même que nous ne faisons pas toujours tout ce que les autres nous demandent, et même si nous essayons d’en faire le maximum, nous sommes comme débordés par le mal.
Et je trouve très beau que cette année liturgique finisse sur ce récit dans lequel nous avons lu plus que soif de tous ces textes ces jours derniers, où l’on nous racontait dans différents évangiles les tremblements de terre, les guerres, les famines, les pestes. Et voilà que ce texte vient comme en contre-point. Il semble tout petit, ridicule et misérable, face à cette destruction mondiale dont il était question dans ces textes, et nous-mêmes, dans notre vie, donner un verre d’eau, donner un sourire à quelqu’un peut aussi nous paraître ridicule et dérisoire face à ce déchaînement du mal dans le monde actuel. A l’exemple de Mère Térésa, nous pourrions penser que la misère est telle que nous ne savons pas par quel bout la prendre, et son exemple répond très bien à l’évangile. Elle n’a pas essayé de construire et d’échafauder un mouvement au niveau mondial, elle a tout simplement accepté de recevoir dans ses bras pour la première fois, une femme qui mourait.
Aussi je crois que très facilement nous sommes capables de mettre en relation logique le déchaînement du mal dans notre monde. C’est notre côté un peu cynique, nous sommes tout à fait capables de disserter longuement sur les raisons de telle ou telle guerre qui ont lieu actuellement dans le monde, mais nous avons beaucoup de mal à faire la même opération pour le bien. Autant il y a comme un plan général du mal que nous discernons et sur lequel nous écrivons pas mal de livres, et sur lequel beaucoup d’émissions de télévision ou de radio ne tarissent pas, autant nous avons beaucoup de difficultés à découvrir le plan général du Salut, de la bonté et de la charité de Dieu dans notre monde. Cela reste du côté des petites histoires, de quelques îlots, de quelques actes de charité qui restent comme seuls au milieu de ce déferlement de haine.
Cet évangile remet à sa juste place justement les petits gestes quotidiens qui semblent être de petites îles au milieu du Pacifique. A ce moment-là, face à Dieu, nous découvrons que tout ce qui semblait être isolé et perdu avait déjà une révélation, une compréhension vis-à-vis de Dieu. Je crois que c’est cela le message du texte. Il nous dit que ce qui paraît être perdu dans notre quotidien concret de notre vie a une conséquence dont on n’arrive pas encore en fait, à découvrir la portée.
Alors que cette année liturgique s’achève pour nous sur la manière dont Dieu est venu dans notre monde aujourd’hui. C’est vrai que nous aimons répéter que l’Avent est aussi l’avènement de Dieu dans notre vie et aujourd’hui le Christ, dans cet évangile, nous demande de faire ce travail de lien et de relation entre toutes ces petites choses que nous faisons tous les jours pour y percevoir déjà ici-bas le visage du Christ ressuscité.
AMEN