CHERCHEURS DE TRÉSOR
He 12, 18-24 ; Mt 13, 44-52
(31 août 2004)
Homélie du Frère Christophe LEBLANC
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vez-vous compris ? Je ne sais pas vous, mais moi, c'est assez difficile à comprendre comme évangile. C'est comme si le Christ prenait un malin plaisir quand on lit un bon roman policier à essaimer dans sa Parole des petits indices en espérant que nous arrivions à reconstituer le puzzle. J'aurais voulu avec vous, essayer de trouver un fil conducteur dans ces trois petites paraboles.
La première parabole : le royaume des cieux est semblable à un trésor. Ici, la première parabole nous rappelle que dans toute quête, il faut un objet, il faut être en quête de quelque chose.
Dans la deuxième parabole, il ne s'agit pas de l'objet à chercher, mais il s'agit de la manière dont le chercheur cherche. Cette fois c'est l'acteur. Pour chercher, il faut désirer de tout son cœur, chercher l'objet désiré.
Et puis, la troisième petite parabole nous rappelle qu'il ne s'agit pas uniquement d'avoir un objet et un acteur, mais il s'agit de savoir comment on se met à la recherche de l'objet désiré. Là il s'agit de ce fameux filet que l'on jette dans la mer et qui permet de tout récupérer, et après, on trie.
Je crois que ces trois petites paraboles, même si parfois on a de la peine à les mettre les unes avec les autres, ces trois paraboles nous permettent de mieux comprendre ce que le Christ attend de nous dans notre vie chrétienne et dans notre relation avec Dieu. Oui, c'et vrai qu'il nous faut un objet, oui c'est vrai que cet objet est parfois très difficile à trouver. Entre nous soit dit, chercher une perle dans un champ, on s'attendrait plutôt à la trouver d'abord dans une huître. Trouver une perle dans un champ signifie beaucoup de labeur, beaucoup de travail, et au-delà de cette terre, de cette glaise, nous soyons capables de trouver justement ce petit scintillement. C'est vrai aussi que vis-à-vis de Dieu ou vis-à-vis des autres, nous avons plutôt tendance à trouver l'autre un peu terre à terre, et d'avoir du mal à trouver ce petit scintillement dans sa vie. Et puis, il ne s'agit pas uniquement comme je le disais, d'avoir un objet, mais encore faut-il après, se mettre en route. Je crois que ces paraboles nous rappellent que la manière dont nous avons à vivre notre vie chrétienne, le moteur central, c'est le désir. Le Seigneur nous pardonnera toujours certaines fautes théologiques, mais ce qu'il ne nous pardonnera jamais, c'est le jour où le désir meurt en nous, et que nous ne désirions plus nous mettre à sa recherche.
Et puis, la manière. Comment, quel outil prendre pour réussir à trouver cette perle ? Ce fameux filet nous rappelle tout simplement que tout est bon. Tout, absolument tout dans notre vie, dans le monde est bon pour y trouver quelque chose à mettre en relation avec le Royaume de Dieu. Cela nous rappelle une fois encore, dans l'évangile, que nous n'avons pas à faire un tri préalable. Nous avons à tout prendre. Nous avons à tout recevoir de Dieu, et ensuite, à nous asseoir et laisser le temps au temps, et laisser à Dieu lui-même de faire ce tri et de découvrir, le temps faisant son chemin, effectivement certaines choses qui nous avaient attiré, qui n'étaient pas du côté du Royaume de Dieu, et d'autres plus difficiles, mais qui se sont ouvertes au bout d'un moment et ont laissé leur éclat jaillir dans notre vie, et au bout d'un certain temps, nous avons pu nous dire : oui, en vérité, c'est cette perle qui commence à apparaître sur la terre.
Frères et sœurs, je crois que nous ne comprenons pas beaucoup. Le Seigneur ne nous en tient pas rigueur, mais Il veut dans notre cœur planter ce désir que l'on retrouve si bien décrit dans ce fameux chant du Cantique des cantiques. Que nous soyons ce négociant insatiable, toujours en quête de découvertes, de recherche de cette perle, ce cet amour que Dieu plante dans notre monde et dans notre vie, et que nous avons à chercher inlassablement.
AMEN