DÉCOUVRIR UN SIGNE DU CIEL

1 Th 1, 2-10 ; Mt 16, 1-12

(28 juillet 2001)

Homélie du Frère Christophe LEBLANC

 

A

lors, les frères de saint Jean de Malte et une partie des paroissiens partirent et s'approchè­rent du tombeau de saint Pierre, partirent à la découverte de cette ville de Rome pour y chercher un signe venant du ciel. C'est peut-être de cette manière qu'une bonne partie des paroissiens sont partis la semaine dernière en pèlerinage, attendant un signe du ciel, attendant de découvrir à travers ce pèlerinage, le visage de Dieu. Ils virent beaucoup de choses admira­bles, beaucoup de tombeaux de porphyre, d'immenses églises dorées, des statues de marbre, des David fron­deurs, des mosaïques resplendissantes, un tombeau de saint Pierre si immense que nous n'avons même pas la possibilité de le découvrir en entier dans ses pro­portions admirables et sa grandeur. Et puis, ce signe qui m'est apparu à moi dans un petit lieu au nord-est de Rome, à Sainte Agnès. Cette fois-ci c'est dans une abside, c'est une femme qui est au centre de cette ab­side, Sainte Agnès, habillée comme une impératrice byzantine, de pourpre, de bijoux, de soie, de lin, tout ce qu'on peut faire de plus beau et de plus cher. Et cette femme que je contemplais pendant l'office me disait : quand même, un seul signe nous sera donné, c'est celui de Jonas, et cette femme si belle si délicate dans sa beauté féminine et ses vêtements, cette femme a subi le martyre.

Je crois que dans ce pèlerinage que nous avons pu effectuer, ce qui était le plus beau c'était certes la splendeur des monuments, la joie de cette ville nocturne, de ce bruit, de cette musique, de ces glaces, de ces bistrots, mais au-delà de tout cela, c'était de découvrir que toutes ces beautés reposaient sur des martyrs. En définitive, cette femme que je contemplais si belle, si pure, à la base avait été marty­risée, avait vu son corps de chair détruit, son visage abîmé, le sang qui coulait, les chairs déchiquetées et ouvertes, et au-delà de cette image d'horreur et de souffrance, découvrir que ce martyre a abouti à semer cette semence de martyrs, a abouti à une beauté, celle de la louange, la beauté de découvrir que ce témoi­gnage n'a pas été fait en vain, mais qu'il a été la source de la foi de millions de chrétiens, a été la source aussi de tout un art qui a germé pour montrer qu'au-delà de la souffrance et du mal, au-delà du dé­sespoir qui aurait pu naître chez certains martyrs su­bissant cette mort, découvrir que Dieu était présent, et que comme il est représenté dans ces absides, ces martyrs sont été couronnés de la couronne de Celui qui a vaincu le mal, de Celui qui a su témoigner jus­qu'au bout en toute sa vie de la foi et de l'amour que Dieu lui a donné.

Frères et sœurs, nous n'habitons pas Rome, Aix peut sembler bien petite, pas aussi belle que Rome, mais il nous est donné dans notre ville et dans notre vie même sans être parés de la pourpre royale de resplendir de la joie du témoignage de l'amour que Dieu nous a donné.

 

 

AMEN