NOUS NE SOMMES PAS CONFONDUS AVEC NOTRE PÉCHÉ

1 R 18, 19-29 ; Mt 5, 33-48

(28 mai 1994)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

N

ous entendions hier, dans l'évangile, "si ton œil droit est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi, car mieux vaut pour toi que périsse un seul de tes membres et que ton corps ne soit pas jeté dans la Géhenne". Ce texte semble faire écho à celui d'aujourd'hui.

Le péché, dans notre vie humaine, est affirmé dans l'évangile comme étant détachable de notre vie. Nous avons donc à nous séparer de ce qui est mauvais et de ce qui porterait gangrène à l'ensemble de notre organisme humain, spirituel ou corporel. C'est une affirmation centrale de l'évangile reprise par cette péricope évangélique qui est de dire que nous ne pou­vons pas être confondus avec le péché. Même si l'acte retentit tout au fond de nous-même, il y a possibilité de nous en détacher et de nous éloigner de ce péché.

Aujourd'hui l'évangile a affirmé que non seu­lement nous avons à nous séparer, à nous détacher de ce qui est mauvais, que nous ne serons jamais "confondus"avec ce péché-là, mais qu'il faut donner encore en offrant notre vie à l'autre, à celui qui vient pour nous réclamer, à celui qui demande quelque chose.

C'est comme si l'évangile pensait l'homme comme un lieu de décision fondamentale, en lui de­mandant de ne pas tomber dans le piège d'une culpa­bilité lorsque le péché l'a atteint, mais savoir qu'il y a toujours son centre intact, son cœur prêt à changer d'orientation et qu'il a donc décidé de se séparer de ce qui est mauvais, qui n'est pas touché fondamentale­ment à l'intérieur par ce péché, mais, plus encore qu'il a à développer ce mouvement en ouvrant sa vie et en la donnant.

C'est pourquoi le Christ dit : "Si quelqu'un te donne un soufflet sur la joue droite, tends lui aussi la joue gauche ! Peut-il te faire un procès et prendre ta tunique : laisse-lui même ton manteau !"

Par cet évangile nous sommes invités à dé­ployer notre vie, à ne pas avoir peur des péchés qui peuvent la contaminer, mais à nous éloigner de ce péché pour que, du fond de notre cœur, naisse une volonté de bien, une volonté de conformité à l'évan­gile. Ainsi nous apprendrons à aimer notre prochain et à ne pas haïr celui qui ne nous aime pas.

 

 

AMEN