L'IMPÔT PAYÉ PAR LE FILS

Jr 30, 18-22 ; Mt 17, 24-27

(19 septembre 1986)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

L

e didrachme est l'impôt qui était payé pour le Temple de Jérusalem. C'est donc un impôt religieux pour l'entretien du Temple. Quant-à la parole de Jésus : "De qui les rois de la terre perçoi­vent-ils les taxes et les impôts, des fils ou des étran­gers ?" entendons des étrangers à leur famille. Evi­demment les princes et les rois de la terre ne font pas payer l'impôt par leurs propres enfants : ce sont leurs sujets qui ne font pas partie de la famille royale qui paient ces impôts.

Jésus est Dieu Lui-même, le Fils de Dieu. Par conséquent, Il est chez Lui dans le Temple, il fait partie de la famille royale, du Royaume des cieux. Payer l'impôt du Temple ne le concerne pas puisqu'Il est le Fils de Dieu. C'est le reste des hommes qui doi­vent payer cet impôt et non pas Lui. Pourtant Jésus va payer cet impôt, c'est-à-dire Il va prendre sur Lui ce qui est à la charge des étrangers à la famille de Dieu. Ce que les autres hommes doivent à Dieu, c'est Jésus qui va le prendre à sa charge. Et c'est déjà tout le sens de la Rédemption. La Rédemption consiste en ce que Jésus a pris sur Lui toutes les obligations des hom­mes, toutes celles qu'ils devaient en adoration à Dieu et toutes celles qu'ils devaient en expiation pour leurs péchés. Jésus se substitue à l'humanité tout entière. Il se met Lui-même en état d'étranger à l'égard de la famille de Dieu puisqu'Il prend sur Lui le péché des hommes.

Et en même temps, par le fait même que Lui se fait étranger en prenant sur Lui le péché des hom­mes, il fait de tous les hommes les fils de Dieu. Et ceci est représenté par le fait que Pierre est associé à Jésus. C'est la même pièce de monnaie, donnée par Dieu de façon miraculeuse dans la bouche du poisson, qui va servir à payer le didrachme, non seulement pour Jésus mais aussi pour Pierre. Pierre a le privilège que Dieu paie à sa place son impôt et par conséquent Dieu le traite comme son propre fils. Et ici Pierre est le représentant de tous les disciples, de tous les hom­mes et de nous tous. Nous sommes tous adoptés par Dieu comme ses propres enfants, puisque Dieu paie à notre place ce que nous devions et puisque Dieu nous associe à son propre Fils pour devenir ses frères et donc les fils du Père.

Voila donc que, dans ce petit passage d'évan­gile, tout l'ensemble du mystère est contenu : Dieu s'est fait l'un de nous pour que nous devenions mem­bres de la Trinité. Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu. C'est au cœur de la Trinité que l'humanité tout entière est entraînée. Nous deve­nons enfants de Dieu, non pas en un sens général et banal, mais enfants de Dieu au sens fort, au sens où Jésus est le Fils unique de Dieu, nous devenons en­fants de Dieu, adoptés, à l'égal de Jésus.

Rendons grâce au Seigneur qui a accepté de se faire l'un de nous jusqu'à l'extrême, jusqu'à la déré­liction et à la mort, pour que nous soyons semblables à Lui jusqu'à la gloire, et au bonheur éternel.

 

AMEN