TRÉSOR ET PERLE
Is 7, 1-9 et 8, 5-8 ; Mt 13, 44-52
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

Athènes : bijoux d'une coquette
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u'est-ce qu'il y a de plus beau au monde qu'un très beau bijou ? un joyau ? La plupart du temps évidemment aujourd'hui nous évaluons toute chose en fonction de critères économiques, de possession, et nous croyons qu'un bijou est beau parce qu'il coûte cher. C'est un peu notre réflexe, un réflexe utilitariste, un réflexe de possession. Et pourtant le mystère d'un diamant, d'un joyau, d'un bijou c'est précisément qu'il fait la joie d'un regard, il fait la joie du cœur. Il est ce signe presque tout fait de discrétion, mais qui assure une sorte de communication de bonheur de resplendissement de la beauté.
Et je crois que c'est cela que le Christ veut dire lorsqu'Il parle du négociant de perles fines ou lorsqu'Il parle du trésor qui est caché dans un champ. Ce qui touche le fond du cœur du négociant, ce n'est pas d'abord parce qu'il pense qu'il va faire des affaires avec ce trésor ou avec cette perle fine, mais c'est simplement parce qu'il a l'œil, parce que c'est un vrai bijoutier et que, devant ce trésor, devant cette perle fine, il se rend compte de toute la beauté, de tout l'éclat, de tout le resplendissement qu'elle contient et qui peut faire la joie de son regard.
Ainsi de nous en face de la Parole de Dieu ou plus exactement du Royaume. Il faudrait chaque fois que nous découvrions la tendresse de Dieu comme la beauté d'un bijou qui fait resplendir celui ou celle qui le porte. La Parole de Dieu ce n'est rien d'autre que cet éclat de lumière qui jaillit des mains de Dieu, qui brille dans le regard de Dieu, dans les yeux de Dieu. C'est le joyau de l'amour de Dieu qui est offert à notre contemplation et à notre émerveillement.
Rien d'étonnant si le Christ insiste sur l'aspect absolument radical de ces hommes qui ont découvert ce trésor ou cette perle. Ils vendent tout ce qu'ils ont parce que la joie de leur cœur ne pourra vraiment être accomplie et parfaite que s'ils sont en présence de cette merveille qu'ils ont vue. Ainsi de nous si vraiment le Royaume de Dieu est ce joyau qui émerveillera à jamais notre cœur et notre regard. Ainsi devons-nous accepter de tout vendre, de tout quitter. Ainsi devons-nous accepter, pour que notre regard ne soit possédé et charmé que par la seule beauté et le seul resplendissement de la présence de Dieu, ainsi devons-nous accepter de tout quitter, de tout vendre pour nous laisser séduire et pour nous laisser aller à la joie de cette contemplation.
Ce qui est souvent le plus difficile aujourd'hui à vivre dans notre vie chrétienne, j'allais dire c'est la séduction. Trop souvent on a fait de la foi chrétienne, de l'existence chrétienne, quelque chose d'un peu pesant, d'un peu lourd qui empêche de vivre, qui met comme des chaînes sur le cœur. Mais, vivre en chrétien ce n'est pas enchaîner son cœur, c'est le parer des bijoux mêmes de la splendeur de Dieu, de sa Parole, de son amour et de sa grâce. Alors il faudrait que nous ayons dans le cœur et dans notre comportement un peu de cette séduction, un peu de ce coup de foudre et de ce coup de cœur pour la beauté resplendissante de Dieu. Et peut-être qu'alors, en nous voyant ceux qui n'ont pas encore pressenti la beauté du trésor et la finesse de la perle de grand prix, peut-être à ce moment-là découvriraient-ils, à travers nous, que déjà brille un éclat de cette splendeur de Dieu qui les séduirait à leur tour.
AMEN