VENEZ À MA SUITE
He 2, 14-18 ; Mt 4, 18-25
(14 janvier 1981)
Homélie du Frère Michel MORIN
Lac de Tibériade
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e Seigneur ne cessait de circuler dans ce pays de Galilée, fréquentant les bords du lac et les villages intérieurs. Lui que le Père a envoyé sur la terre, Lui qui a pris un corps de chair à notre ressemblance, Lui qui a souffert l'épreuve, Lui qui a connu la souffrance, la mort, la disparition de cette terre, mais qui a vaincu ces effets du mal, du diable, Il est ressuscité, nous manifestant ainsi que c'est Lui et Lui seul qui peut, aujourd'hui encore, nous tirer de notre épreuve. Et le Seigneur ressuscité, par son Esprit, dans le cœur de son Eglise, ne cesse encore de circuler au milieu de nous, au bord de nos lacs comme de nos terres, au bord de nos terres intérieures lorsque, d'une manière ou d'une autre, nous nous refermons sur nous-mêmes.
Et son attitude est exactement la même qu'il y a deux mille ans, sur la terre de Palestine. Il nous enseigne sa parole. Il nous révèle la présence actuelle du Royaume de Dieu et Il guérit toutes nos langueurs. Les foules aussi le suivent, venant de ce pays et de tous les pays étrangers. Tout cela pour que s'accomplisse, pour chacun d'entre nous, même si c'est de façon fort différente, ce qui s'est accompli pour les quatre premiers disciples : Simon-Pierre, André, Jacques et Jean. Tout cela s'accomplit par ces paroles que nous entendons régulièrement, par ce passage du Seigneur dans les sacrements et spécialement celui de l'eucharistie, de façon que nous puissions répondre, de la même manière que les premiers disciples ont répondu, c'est-à-dire en laissant là nos filets, cette vie que nous tissons, que nous tricotons le jour et la nuit à grand peine, et souvent en défaisant ce que nous venons de faire.
Laisser nos filets. Laisser tout ce qui n'est pas de Lui, tout ce qui ne conduit pas vers Lui, pour Le suivre Lui, et Lui seul dans tout événement de notre vie, si minime soit-il, tout événement de la vie du Christ, de la vie de Dieu, par exemple dans l'eucharistie, ou dans ce moment où Dieu, dans la mort, rejoint quelqu'un de façon imminente, de façon sensible, j'allais dire de façon visible à nos yeux, car on ne peut pas mourir sans voir Dieu, et lorsque l'un d'entre nous meurt, nous voyons dans cette mort, le passage obscur, la face obscure du passage lumineux de Dieu pour lui ou pour elle.
En cette eucharistie, nous demanderons au Seigneur, d'être ainsi, de plus en plus attentifs à son passage au milieu de nous. Il ne cesse de nous appeler, Il ne cesse de nous parler, Il ne cesse de nous nourrir, mais bien souvent, nous cessons de l'écouter et de marcher à sa suite, alors que Lui-même veut nous accueillir, dès aujourd'hui, dans sa vie, pour nous préparer un jour à nous accueillir dans son royaume avec tous ceux qui L'auront suivi.
AMEN