LA FEMME

Gn 2, 18-25

(12 février 1981)

Homélie du Frère Michel MORIN 

 

Andlau : La création de la femme 

O

n dit parfois, aujourd'hui, que la Bible est misogyne. Ce n'est pas la peine de faire une homélie sur ce genre d'assertion puisque c'est sûrement faux. La preuve, c'est que lorsque Dieu créa l'homme, il ne le tira que de la terre, mais lorsqu'il créa la femme, il la créa du cœur même de l'homme, ce qui est beaucoup plus noble. On dit aussi que les Pères de l'Église, ses pasteurs, ses évêques des cinq premiers siècles étaient également misogynes parce qu'ils étaient très marqués par la théologie de saint Paul.

       Je voudrais simplement, ce matin, en complément de la première lecture, et aussi de la seconde, vous lire quelques passages extraits d'une homélie de saint Jean Chrysostome, prononcée à Constantinople alors qu'il en était le patriarche, à la fin du quatrième siècle. Vous recevrez ces quelques paroles comme l'actualisation pour chacun d'entre vous de la Parole de Dieu aujourd'hui.

       "Ton créateur est le même que le sien. L'homme et la femme ont été l'œuvre de la même main, œuvre du même artisan divin. Dieu lui-même a constitué le mariage. Dieu a fait de l'amour humain un précepte particulier, ainsi conçu : L'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, ils sont deux en une seule chair." Que ceux qui veulent entrer dans l'état de mariage réfléchissent sérieusement et mûrement sur une affaire de cette importance. S'il est bon et nécessaire de consulter les lois humaines, c'est encore plus essentiel d'avoir recours à celles qui viennent de Dieu. C'est selon celles-ci et non selon celles-là que vous serez jugés.

       Nous choisissons une compagne digne de notre affection et dont les mœurs soient en rapport avec les nôtres. En agissant ainsi, nous y gagnerons, pas seulement à n'avoir pas à la renvoyer mais encore à lui partager sans crainte un ardent amour et à accomplir par là ce précepte de l'apôtre : Hommes, aimez vos femmes. Ne recherchez une femme que pour la vertu et la pureté de sa vie parce que la noblesse de l'âme et la dignité donnent de posséder le bonheur de la paix et de vivre constamment dans la concorde au sein d'une amitié réciproque.

      La femme se tiendra à la maison pour remplir tous les devoirs de la vie domestique et veiller à l'éducation des enfants, car c'est le premier de tous les trésors. Ta femme est venue vers toi, quittant son père et sa mère, comme une compagne libre et honorable qui doit partager ta vie. C'est à ce titre que tu l'as reçue. L'homme ne s'appartient pas à lui-même, c'est à la femme qu'il appartient. Puisque l'homme est devenu la propriété de sa femme, qu'il montre sa bienveillance en gardant fidèlement ce dépôt sacré. Votre femme doit devenir pour vous l'objet de la plus tendre affection, aucune passion étrangère ne venant altérer votre cœur. Ne la blessez donc pas dans ses plus vives affections, ne lui faites pas de blessure mortelle.

       La femme doit donner son avis à l'intérieur de la famille, et souvent à cet égard elle montre bien plus de sagesse et de prévoyance que l'homme. Le rôle de la femme est nécessaire, elle a sa place dans l'ordre universel. Le mariage n'est pas un commerce ou une spéculation. C'est l'union intime de deux vies, un heureux échange de sentiments avec un cœur aimant et dévoué l'un pour l'autre. N'allez donc pas chercher la fortune, mais ayez en vue le calme de l'existence et la douce union des cœurs. Voilà le but du mariage.

       La beauté de l'âme de l'épouse brille d'un éclat toujours plus croissant. Plus on a le temps d'en apprécier la noblesse, plus elle embrase le cœur de son mari et lui fait goûter le bonheur de sa tendresse. Sachez donc ce qu'il y a de merveilleux et de sublime dans le mariage : "Maris, aimez votre femme comme le Christ aime l'Église."

 

       AMEN