FAIBLESSE ET FORCE
1 S 17, 37-51 ; Mc 8, 1-10
(15 février 2012)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

Fragilité
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rères et sœurs, cette scène avec David et Goliath est extrêmement célèbre, nous la connaissons tous depuis très longtemps. Elle est une sorte de résumé spirituel de l'Ancien Testament.
Israël avait conscience d'être un peuple petit, faible, enserré entre deux grandes puissances, l'Égypte au sud, et la Mésopotamie au nord et à l'est. De ce fait tout allait dans le sens d'un écrasement d'Israël à cause des voisins plus grands que lui. C'est ce qui se passera d'ailleurs au moment de l'exil à Babylone.
Devant cette situation le peuple d'Israël n'a pas d'autre solution que de chercher un salut qui domine les forces humaines. Puisqu'ils sont si peu nombreux et si faibles, et que Dieu les aime, du moins, c'est le sens de l'intuition d'Israël, ce n'est pas l'épée ni le javelot qui vont leur donner la victoire, mais c'est la volonté de Dieu qui s'exprimera à travers eux. David et sa fronde est le symbole de cette fragilité d'Israël qui est compensée par la force de Dieu. C'est déjà l'annonce de ce que nous dira saint Paul en disant que Dieu vient à son secours car sa grâce se déploie dans la faiblesse.
Dans l'Ancien Testament, c'est constamment qu'un homme plus faible, plus jeune, plus fragile, devient victorieux de celui qui est plus fort, plus grand et plus puisant. C'est ce qui se passe entre Jacob et son frère Esaü, entre Joseph et ses frères, entre David et Goliath, entre les enfants de Joseph, Ephraïm et Manassé. Toutes les fois, il y a un aîné et un cadet, il y a un homme plein de force et un autre plus fragile, et à chaque fois, Dieu donne la victoire au petit. Cela se continuera dans les Béatitudes proclamées par Jésus au début de sa prédication : "Bienheureux les pauvres, bienheureux ceux qui pleurent, bienheureux ceux qui sont seuls, bienheureux ceux qui sont faibles et abandonnés, et persécutés".
Oui, les Béatitudes, c'est la charte qui achève cette révélation qu'Israël a découvert petit à petit dans son expérience, cette certitude qu'il était sauvé par la force de Dieu, et que c'est simplement quand il abandonnait cette protection divine qu'il était perdu et subissait les défaites et l'exil.
AMEN