LE DÉFI DE LA LIBERTÉ
1 S 17, 1-11 + 32-33 ; Mc 7, 1-13
(10 février 2012)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS
(aux jeunes catéchumènes)

Refuser l'esclavage
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rères et sœurs, chers jeunes catéchumènes, vous connaissez cette histoire dont on vient de lire tout à l'heure le début, c'est l'histoire de David et Goliath. C'est le grand, le géant, le costaud, et le petit David de rien du tout qui s'affrontent. Ce texte accentue un peu le contraste. On décrit ce Philistin avec un casque de bronze, c'est l'époque où c'est le perfectionnement de l'armement, il est guerrier professionnel, son casque en bronze est inattaquable, il s'est revêtu d'une cuirasse avec des écailles. Sa lance était comme une ensouple tisserand, c'était un grand bâton qui traversait tout le métier à tisser, donc, elle mesurait environ trois mètres. On noircit le tableau à loisir.
Dans les combats on essayait quand même d'épargner les hommes, pour économiser les armées. On choisissait un homme dans chaque camp et le chef de la troupe attaquante essayait d'énerver son adversaire en criant des injures. Goliath terrorise les israélites par sa stature et ses cris, c'est le défi de la force humaine brutale, et il annonce les conditions de la lutte. Celui qui sera vaincu deviendra esclave de l'autre. Dès le début du récit, c'est le destin d'Israël qui se joue. Israël est le peuple de Dieu, il vit dans la liberté mais va-t-il devenir esclave des Philistins ? Le peuple tout entier joue sa liberté, non seulement les troupes qui sont massées pour la bataille, mais tous les habitants du pays sont concernés. Au moment où Israël s'installe sur la montagne de Judée, les Philistins sont arrivés par les voies maritimes et veulent envahir le territoire.
Le récit devient provocateur, quand Goliath a crié son défi, curieusement, un jeune garçon, David, se présente. Il y avait peu de chances qu'il l'emporte sur Goliath, David qui est page à la cour du roi Saül veut relever le défi. Or, personne d'autre n'a le courage de relever le défi. Tous les membres de l'armée d'Israël sont prêts à capituler dans leur liberté. Ils sont prêts à devenir des esclaves. C'est cela la grandeur de David : il croit que Dieu lui a donné la vie pour être libre.
C'est pour cela que ce texte doit vous intéresser surtout vous, les jeunes catéchumènes. Quand on affronte la vie, il ne faut pas se faire d'illusions, on affronte Goliath. La vie aujourd'hui, c'est cette société énorme, cette machine dans laquelle on a l'impression qu'on ne se débrouillera pas. Et cependant, la vraie attitude chrétienne c'est de refuser l'esclavage de cette vie où le goût d'avoir de l'argent domine tout et le désir de réussir à n'importe quel prix. Je veux la liberté et je veux me battre pour ce cadeau précieux que Dieu veut me faire.
Quand vous allez être baptisés, c'est cela que Dieu va vous donner : la liberté des enfants de Dieu. Vous êtes fragiles, vous êtes jeunes, et vous pouvez croire que même si vous faites de très bonnes études, vous avez beaucoup d'atouts dans la vie, mais vous savez bien que ce sera difficile. Il faut être comme David, même si à certains moments c'est difficile, la seule chose que je dois faire, c'est de croire à la liberté non pas parce que je suis le plus fort ou le plus malin, non pas parce que je peux vaincre tout le monde, mais parce que Dieu m'a donné cette liberté et que je ne veux pas que cette liberté soit réduite en esclavage de mes passions, de mes désirs, ou du pouvoir du monde sur moi.
C'est pour cela que l'histoire de David et Goliath est si importante et d'une certaine manière, elle vous prépare au baptême et elle vous apprend le chemin à prendre. Chaque fois que vous renoncerez à votre liberté, vous serez vaincus par le mal, par les puissances qui peuvent vous manipuler, et chaque fois que vous aurez le courage de dire que même si je suis faible, même si je ne suis pas sûr de gagner, je mets en jeu ma liberté car c'est le cadeau de Dieu, même si c'est difficile vous serez gagnants.
Frères et sœurs, que ce récit de la vie de Goliath et de David nous ramène vraiment à l'essentiel. Est-ce que nous acceptons d'une manière ou d'une autre parce que les situations sont trop compliquées, parce que le monde est mal fait, parce qu'on se plaint tout le temps, est-ce que nous acceptons le défi de notre liberté ? C'est cela l'Église, c'est cela les chrétiens : c'est un peuple qui dit que de toute façon il n'y a pas d'autre grande valeur ni d'autres grands enjeux dans l'histoire du monde que le fait de recevoir sa liberté de Dieu comme une mission, comme une tâche à accomplir et comme la meilleure réponse que l'on peut apporter à l'amour de Dieu.
AMEN