GUERISON D'UN ENFANT MUET
Mc 9, 14-29
(10 juin 1990???)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS
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urélia et Xavier vous venez d'entendre une page d'évangile que peut-être vous ne connaissiez pas. Cette page a quelque chose d'un peu terrible car il s'agit d'un enfant comme vous et cet enfant souffre terriblement. Pour nous, hommes, c'est toujours une très grande souffrance que de voir souffrir un enfant. L'enfant a quelque chose d'innocent, il n'a pas "mérité" de souffrir.
A cette époque-là, devant cette souffrance particulièrement terrible car cet enfant est malmené, on croyait qu'il s'agissait d'un démon qui s'était emparé de l'enfant. Je ne sais pas si aujourd'hui nous dirions exactement la même chose, mais toujours est-il que dans la manière de parler de la maladie et de la souffrance de cet enfant, il y a deux choses.
On dit que c'est "un esprit muet" qui s'empare de l'enfant. L'enfant ne peut pas parler. Or vous savez que c'est une grande chance de pouvoir parler, même si parfois on parle trop ou l'on devient un peu bavard. C'est une chance énorme car c'est le moyen de vivre avec les autres, de pouvoir échanger, de pouvoir discuter avec eux, de pouvoir chanter avec eux, de pouvoir louer et célébrer Dieu avec les autres. Autrement dit, l'enfant est retenu par ce démon muet et il ne peut pas vivre vraiment avec les autres. Il est comme brisé dans son cœur, dans sa capacité de parler et d'échanger, de partager sa joie et ses peines avec les autres. Il est comme muré en lui-même.
La deuxième chose, c'est que quand l'enfant est très malmené, tout à coup il a des comportements extraordinaires, il se jette dans le feu ou dans l'eau. C'est-à-dire que sa vie même est menacée, non seulement dans sa relation avec les autres, mais vivre tout simplement. Et il faut faire toujours attention à lui pour qu'il n'aille pas se précipiter dans le feu, dans l'eau ou se rouler et s'étouffer. Et là c'est encore plus bouleversant car nous voyons que l'enfant est menacé par la mort.
Quand toute la foule se rassemble autour de cet enfant pris de ces convulsions, personne ne peut rien pour lui. Personne ne peut arriver à délivrer cet enfant. Et Jésus revient avec ses disciples après l'épisode dont vous avez entendu parler, celui de la Transfiguration, lorsque Jésus a manifesté à ses disciples qui Il était, lorsque dans la lumière même de l'amour de son Père, Il a été manifesté comme le Fils de Dieu. Or Jésus, le Fils de Dieu qui s'est manifesté comme Celui qui vient nous sauver, qui vient nous apporter la paix et la joie, la joie de rencontrer Dieu et de vivre avec Lui, Jésus arrive près de la foule et demande ce qui se passe. On lui raconte le cas et Jésus dit : "Amenez-le moi". Et Jésus va montrer dans la vie de cet enfant l'extraordinaire, que Jésus apporte à cet enfant.
Il chasse tout ce qui dans cet enfant pouvait l'empêcher de parler, de s'exprimer et Il chasse aussi de cet enfant toute la puissance de mort qui était en lui. Il le délivre. Il lui donne sa pleine vie. Pendant un instant, on croit que l'enfant est passé de la vie à la mort. En réalité, Jésus le relève. Jésus montre qu'Il est la Vie. Il est capable de prendre cet enfant dans sa souffrance, de l'arracher à cette souffrance, de le faire rentrer dans la communication avec tous les autres, de le faire rentrer dans une joie et un bonheur de vivre qu'il n'avait jamais connu.
Chacun d'entre nous ne connaît pas ces énormes souffrances que cet enfant a connues. Mais chacun d'entre nous connaît la même délivrance, la même liberté que nous apporte Jésus. Quand Jésus vient dans notre cœur, c'est pour le délivrer de tout ce qui peut nous empêcher d'aimer Dieu et de vivre avec Lui. Quand Jésus entre dans notre cœur c'est comme pour délier notre langue et notre cœur pour faire de nous des personnes qui le chantent, qui le louent, qui à travers tout ce que nous disons, tout ce que nous faisons devenons des hommes et des femmes de louange, des garçons et des filles de louange. Nous louons Dieu, nous chantons Dieu par toute notre vie.
Et puis, plus profondément encore, quand Jésus vient dans notre cœur par l'eucharistie, Il commence à nous donner la vie éternelle pour que jamais notre existence ne soit ni abîmée, ni détruite, mais que toujours nous soyons vraiment portés, soutenus par la vie éternelle de Jésus. En ce jour où vous faites votre première communion, c'est cela qui vous est donné. Déjà Jésus est entré dans votre vie, dans le cœur de votre cœur par le baptême. Mais maintenant, en vous donnant son Corps et son Sang Il vous donne de grandir dans cette vie, de grandir dans la vie de Dieu, de devenir des grandes personnes dans l'amour du Christ au fur et à mesure que vous grandirez pour devenir des adultes.
AMEN