LE SOUFFLE DE DIEU

Ez 36, 23-28 ; Jn 7, 37-39

Samedi de la septième semaine de Pâques A

(25 mai 1996)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

F

rères et sœurs, demain, en la fête de la Pente­côte, nous verrons tout à la fois, Jésus ressus­cité souffler sur ses apôtres en leur disant : "Recevez l'Esprit Saint" car le mot Esprit signifie le souffle de Dieu. Et nous verrons aussi cinquante jours plus tard, le jour de la Pentecôte qui veut dire : cin­quantième jour, l'Esprit venir comme un grand vent et des langues de feu sur les apôtres.

Le don de l'Esprit c'est la naissance de l'Église et c'est aussi l'accomplissement de la résurrection du Christ. Accomplissement de la résurrection du Christ qui s'ébauche déjà dans cet évènement de la croix où du côté du Christ coulent les fleuves d'eau vive de l'Esprit et c'est cela que Jésus dans l'évangile que nous venons de lire annonce. De son sein dit l'évangéliste couleront des fleuves d'eau vive. C'est ce qui s'ac­complira à la croix. Du sein du Christ, du côté du Christ transpercé coule du sang et de l'eau. Le sang de son sacrifice, les fleuves d'eau vive dont l'évangéliste dit qu'il s'agit de l'Esprit.

L'esprit que recevraient tous ceux qui croient en Jésus. Cet Esprit dont Jésus nous dit : "Si quel­qu'un a soif qu'il vienne à moi. Qu'il boive celui qui croit en moi". Le croyant vient boire au côté trans­percé de Jésus. Il vient boire cette eau vive qui désal­tère. Cette eau vive qui est l'Esprit car l'Esprit est tout à la fois l'eau qui désaltère, le feu qui illumine et qui réchauffe, le vent qui nous entraîne plus loin que nous ne pensions. L'Esprit Saint, c'est le fruit de la résur­rection du Christ, Jésus nous le dit. Il parlait de l'Es­prit saint que recevraient ceux qui croiraient en Lui car il n'y avait pas encore d'Esprit. L'Esprit n'était pas encore donné parce que Jésus n'avait pas été encore glorifié. C'est la glorification de Jésus.

La glorification de sa résurrection, la glorifi­cation commencée dès le moment de sa mort quand son côté est transpercé sur la croix. Cette glorification de Jésus qui est source de l'Esprit car en étant glorifié, le Christ nous fait participer à lui-même, participer à sa vie. Il nous donne son Esprit. C'est ce qu'Il disait dans l'évangile d'hier : "Il vous est bon que Je m'en aille. Il vous est bon que Je meure. Il vous est bon que Je ressuscite et que Je retourne auprès du Père parce que si Je m'en vais Je vous donnerai l'Esprit. L'Esprit coulera de mon corps mort, transpercé. L'Esprit rayonnera de mon corps ressuscité, l'Esprit descen­dra sur vous de ma chair élevée auprès du Père ". Le mystère de la Pâque : mort, résurrection, ascension du Christ est le mystère de la source de l'Esprit. L'Esprit cet autre moi-même, cet autre consolateur, cet autre Paraclet que Jésus a annoncé qu'il nous donnera quand Il nous aura quitté. Qu'Il nous donne mainte­nant qu'Il est retourné auprès du Père. Maintenant par sa mort, sa Pâque, sa résurrection et son ascension, son humanité se trouve glorifiée dans le sein même du Père, au sein de la Trinité. Il nous donne l'Esprit. Il nous donne son Esprit, son Esprit qui fait de nous d'autres Christ, qui fait que nous sommes transformés, transfigurés par cet Esprit qui vient se mêler à notre Esprit pour faire de nous d'autres Christ, pour faire de nous des fils du Père comme Jésus est le Fils du Père. Pour que Dieu soit notre Père comme nous le disons dans cette prière que Jésus nous a apprise. Pour que nous soyons enfant de Dieu, de la race de Dieu, pour que nous soyons de la famille de Dieu, pour que nous soyons divinisé, pour que nous soyons présence de Dieu dans le monde. Et c'est cela le mystère de l'Église qui va naître à la Pentecôte par le souffle de l'Esprit. Nous sommes tous ensemble les enfants de Dieu. Nous sommes tous ensemble le corps du Christ. Nous sommes tous ensemble l'Église, présence du Christ dans le monde. Par nous le Christ se rend pré­sent à nos frères, par nous notre cœur est transformé, notre cœur est rempli de l'Esprit de Dieu. Nous som­mes porteurs de Dieu. Nous sommes Christophores. Nous sommes annonciateurs du mystère de Dieu. Nous sommes révélateurs du mystère de Dieu. Telle est notre charge dans le monde, le monde attend que Dieu lui soit révélé. Dieu personne ne l'a jamais vu, mais le Fils qui est dans le sein du Père Il nous 1'a révélé et Il continue à se révéler et à révéler le Père au monde à travers nous, à travers l'Église, à travers ce que nous sommes, ce que nous vivons, à travers la parole qui nous est confiée.

Frères, nous chrétiens telle est notre mission, telle est notre responsabilité dans le monde d'être les révélateurs de Dieu, les révélateurs du Père. De rendre Dieu présent dans le monde. Voyez qu'elle est grande notre mission, notre responsabilité. Il dépend de nous que le monde reconnaisse la présence de Dieu en son sein. Que le monde croit que Dieu existe, que Dieu a envoyé son Fils et que son Fils nous envoie comme le Père l'a envoyé. Il dépend de nous que le monde soit sauvé par cette foi en Jésus Christ qui révèle le Père, ultime mystère de toutes choses, ultime signification de la vie de tous les homme, de l'histoire de l'huma­nité, de l'histoire du monde.

 

 

AMEN