LA NOURRITURE QUE DIEU NOUS DONNE

Ez 36, 23-28

(10 mai 2008)

Homélie du Frère Christophe LEBLANC

C

lara, Gaëlle, Thibaut, Sébastien, n'oubliez pas que jusqu'à maintenant quand vous veniez à l'église, vous receviez quand même une nourriture, c'est la Parole de Dieu. Même quand la Parole est difficile à comprendre, comme une nourriture qui est un peu difficile à mâcher, comme la première lecture que nous avons entendue. En fait, cette lecture raconte l'histoire d'un prophète qui s'appelle Ézéchiel qui est d'ailleurs représenté sur le vitrail, il raconte cette très belle promesse que Dieu fait à son peuple Israël. Dieu  dit à son peuple : vous êtes tous dispersés, il y a eu un grand malheur, Jérusalem a été détruite, et Ézéchiel leur dit de la part de Dieu qu'il va les reprendre et les emmener dans un pays, et là, leur cœur va changer. Le cœur des israélites qui est un cœur de pierre va devenir un cœur de chair. C'est très beau, car cela nous dit déjà quelque chose de très important dans notre vie spirituelle, et la raison pour laquelle nous rentrons dans une église, car bien souvent, on vient à l'eucharistie avec un cœur de pierre. On a des soucis, on a des problèmes, tout ne se passe pas exactement comme on le voulait, on est fâché avec le copain, on est inquiet, on rentre ici avec un cœur de pierre. 

       La Parole de Dieu est comme une eau qui va venir couler sur ce cœur de pierre pour le malaxer et le rendre plus perméable à la vie. Déjà il y a un premier travail préparatoire que vous avez vécu depuis plusieurs années, c'est de rendre votre cœur malléable et perméable à cette première nourriture car vous avez reçu depuis plusieurs années la Parole de Dieu qui vient vous nourrir comme par vagues successives. 

       Aujourd'hui, vous recevez une autre nourriture, c'est Jésus qui donne sa vie, qui donne son corps et son sang. Vous avez entendu dans l'évangile comment Jésus s'exprime. Il est au temple, à l'endroit où se tient le culte du peuple d'Israël, et Jésus dit : "Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi". Il ne dit pas : si vous êtes des hébreux, vous avez le droit, si vous êtes des grecs, vous avez le droit, si vous êtes des français vous avez le droit, mais si vous n'êtes pas français, vous n'avez pas le droit ! Si vous êtes sages, vous avez le droit et si vous n'êtes pas sages, vous n'avez pas le droit, non ! Il dit : si quelqu'un … Tout le monde peut venir s'abreuver à la source. Dieu ne met pas de barrières. La seule barrière qu'il y a entre Dieu et nous, ce n'est pas Dieu qui la met, c'est nous, parce qu'on hésite  parce qu'on ne veut pas, parce qu'on n'en ressent pas nécessité, on pense que cela ne sert à rien. Mais en tout cas, du côté de Dieu, du côté du Christ, il y a ce désir de se donner tout entier. C'est une chose très importante. Et vous voyez bien que dans la Parole de Jésus, ce qui est important c'est : celui qui a soif, il parle de l'eau. Cela peut sembler un peu bizarre parce qu'aujourd'hui vous allez manger du pain, vous allez boire du vin, mais l'eau ici, c'est parce que demain, on va célébrer la Pentecôte qui est la fête de l'Esprit Saint. Jésus veut nous dire : si vous avez besoin de moi, si vous désirez me rencontre, moi, je suis prêt à vous rencontrer.  

       Comment va se faire cette rencontre ? Elle va se faire comme je vous le disais tout à l'heure, avec les bouquets de fleurs. Les bouquets sont exactement comme nous. Les fleurs étaient dispersées, elles ont été regroupées dans un bouquet. J'entendais ce matin les "dames fleurs", inquiètes de dire : surtout, il faut ne pas oublier de les arroser, donc moi je viendrai demain matin, et toi tu viendras lundi, etc … Pourquoi les fleurs sont-elles vivantes ? parce que dans le vase, il y a de l'eau. Les fleurs vivent grâce à l'eau, que ce soit quand elles sont en terre, dans le jardin, ou que ce soit quand elles sont dans le vase. Nous, nous sommes exactement comme ces fleurs. On a besoin d'être nourris, besoin de recevoir une eau de vie qui nous fasse grandir. Il y a peut-être des gens qui nous diront : en fait, tout cela ce n'est pas très important. C'est vrai qu'il y a des gens qui se portent très bien, qui ne vont pas à la messe, qui ne communient pas, c'est vrai, mais ce que je crois moi, comme chrétien et comme prêtre, et ce que vous croyez vous, et c'est la raison pour laquelle vous faites votre première communion, c'est que nous avons besoin d'une nourriture, même si elle semble cachée aux yeux du monde et aux yeux des autres. Cette nourriture que Dieu nous donne quand nous venons à l'eucharistie, c'est d'abord cette Parole de Dieu que vous avez déjà reçue, et maintenant, ce pain et ce vin. 

       Cette première communion elle sera suivie de beaucoup d'autres communions. C'est exactement à l'image de la boisson, de l'eau dont les plantes s'abreuvent. Si les plantes n'étaient abreuvées qu'une seule fois dans leur vie, elles ne tiendraient pas longtemps. Dieu est comme le jardinier, comme la fleuriste, il prend soin de ses plantes, c'est-à-dire de nous, et il fait en sorte de nous donner à chaque instant cette nourriture dont nous avons besoin. 

       C'est ce que vous allez vivre aujourd'hui, recevoir pour la première fois le pain qui est le corps du Christ, le vin qui est le sang du Christ, et notre prière à chacun pour vous tous, c'est que vous puissiez grandir et vous épanouir comme de belles fleurs pour donner du fruit. 

 

       AMEN