LE POINT D’ANCRAGE 

Col 1, 12-20 ; Jn 15, 18-25

Jeudi de la cinquième semaine de Pâques

(18 mai 2006)

Homélie du Frère Yves HABERT

Brioude : Porte d'entrée

N

ous avons entendu dans la première lecture, l’épître aux Colossiens, le premier chapitre : "Vous remercierez le Père qui vous a fait partager le sort des saints dans la lumière", ensuite, suit une hymne au Christ, à la primauté du Christ qui est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute créature, ensuite, le Christ qui est la tête du corps, la tête de l’Église, enfin, cette rédemption a été acquise par son sang.

"Vous remercierez le Père de vous avoir fait partager le sort des saints dans la lumière". Il est certain qu’il y a les saints qui sont au ciel, Dieu qui est au ciel et nous qui sommes sur terre. Il est certain que par nos propres forces, nous sommes incapables d’accéder à ce paradis des saints dans la lumière. Il nous faut trouver un autre moyen, et les hommes se sont débrouillés pour inventer des moyens pour grimper au ciel. Les hommes se sont unis pour grimper au ciel, mais l’entreprise est vouée à l’échec à chaque fois. C’est la tour de Babel. Je crois qu’il faut, pour grimper au ciel qu’on ait un point d’ancrage dans le ciel pour ne pas dépenser toutes ses forces pour rien. Le point d’ancrage dans le ciel, c’est le Christ, le Christ qui est la tête du corps, le Christ qui est élevé sur la croix, le Christ qui est l’image du Dieu invisible, le Christ qui partage dans la gloire, la vie avec son Père et avec tous les saints.

C’est le principe de la poulie que j’ai devant moi. Le principe de l’Incarnation, le principe de salut de Dieu, c’est le principe de cette poulie, cette poulie qui est attachée aux voûtes et qui rend possible l’élévation de pièces très lourdes. Nous sommes ces pièces très lourdes, et il nous faut la poulie qu’est le Christ, il nous faut cet homme qui est passé de l’autre côté, qui est passé dans le ciel, il nous faut comme un point d’ancrage. C’est l’Incarnation. L’Incarnation, c’est Dieu qui vient sur terre, le Christ qui meurt sur la croix, le Christ qui est élevé sur la croix, nous offre par sa résurrection, un point d’ancrage dans le ciel. Nul moyen d’aller partager le sort des saints dans la lumière si nous comptons simplement sur nos propres forces, il faut une poulie. Et l'on ne se rend pas compte de la révolution qu’a représenté la poulie dans le domaine de l’architecture et de la construction, mais on se rend encore moins compte de l’invention de l’Incarnation, su salut par la croix, de ce Christ qui est profondément enraciné et qui nous tire vers lui. Nous, nous sommes là, avec le corps, à manier cette poulie, mais le corps est comme polarisé par la tête pour pouvoir soulever l’ensemble de l’univers.

C’est un peu le principe que je voulais vous partager ce matin.

 

AMEN